Splendeur et déclin du général algérien Mohamed Kaidi

Personne publiquement ne s’explique la révocation soudaine, le lundi 8 novembre, du général Mohamed Kaidi, puissant et populaire chef du département « Emploi et Préparation » où il avait en charge les relations particulièrement sensibles entre l’État major et les chefs de région.
Si un haut gradé paraissait consensuel et incontesté, c’est bien le général Mohamed Kaaidi, et cela pour trois raison au moins: ses états de service, notamment pendant les années noires (1992-1998) où son courage et son professionnalisme avaient été reconnus unanimement. Sa capacité à rester à l’écart de la lutte des clans après le règne en 2019 de Gaïd Salah lorsqu’une camarilla de généraux avait tenté de prendre le pouvoir. Enfin son jeune âge au sein de la gérontocratie qui gouverne les casernes, ce qui pouvait en faire à terme un possible patron de l’armée.
Pour toutes ses raisons, le successeur de Gaïd Salah, le général Chengriha, l’avait promu en mars 2020, soit deux mois après sa nomination, dans les fonctions convoitées du chef du département « Emploi et Préparation », en charge des relations cruciales de l’État Major avec les régions militaires, véritables baronnies de l’institution militaire  
Un long parcours d’obstacles
À l’époque, le général Mohamed Bechar, nommé à ce poste exposé en novembre 2019 par le président intérimaire Abdelkader Bensalah, alors que Gaîd Salah, aujourd’hui décédé, était seul maitre à bord, avit demandé de se retirer après la disparition de son mentor. Un décret présidentiel le remplaçait par le général Kaidi qui devenait ainsi un homme clé au sein des forces armées, surtout depuis que des fortes tensions sont apparues aux frontières de l’Algérie avec le Maroc et secondairement avec le Mali.
ans être un perdreau de l’année, le général Kaidi est nettement plus jeune que la plupart de ses pairs au sein du ministère de la Défense algérienLe général Kaidi avait débuté sa fulgurante ascension lorsque Gaïd Salah lui avait confié en 2019 la mission de coordonner l’ensemble des services de sécurité (à l’exception du renseignement militaire), en remplacement du général Athmane Tartag, l’exécutant fidèle du clan Bouteflika qui avait été placé en prison où il se trouve toujours lorsque les mobilisations populaires avaient chassé l’ancien régime..
Passant longtemps pour proche des amis de Gaïd Salah, notamment le très actif patron du contre espionnage, le général Bouazza, et le responsable des transmissions au sein du ministère de la Défense, le général Lachkham, le général Kaidi n’avait pas que des amis. Son habileté fut de lâcher ses amis d’hier après la mort de Gaïd, alors que les Bouazza et autres Lachkham tentèrent une révolution de Palais au sein de l’institution militaire.
Le général Chengriha, le fragile patron de l’Algérie 
Trente généraux en prison
Ce respect des procédures légales a valu au général Kaidi d’être promu par l’actuel chef d’état major et successeur de Gaïd Salah, Saïd Bengriha.  » La nomination du général Kaidi, s’interrogeait alors Mondafrique, est-elle un signe fort d’un consensus renforcé au sein de l’armée? Et le prélude à la confirmation prochaine dans ses fonctions de l’actuel Chef d’état Major, Saïd Chengriha, qui avait à l’époque été nommé à son poste avec le statut d’« intérimaire »? Ou alors à l’inverse, la promotion de Kaidi, un jeune général sans états d’âme, annonce-t-elle l’éviction de Chengriha? » 
La mise à l’écart de ce haut gradé à la réputation intacte par un Chengriba qui, voici dix huit mois, lui offrait un poste prestigieux montre à quel point les équilibres de pouvoir restent fragiles au sein de l’armée algérienne. Une trentaine de généraux ont été placés, ces trois dernières années, en détention. Le conclave des généraux qui menace chaque jour le voisin marocain des pires représailles, passe l’essentiel de son temps à se livrer de violentes guerres de clan dont la plupart des Algériens ne comprennent les enjeux.
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Author: MondAfrique.com

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