Les États-Unis ont perdu la bataille de l’Intelligence Artificielle au profit de la Chine, reconnaît l’ancien responsable informatique du Pentagone.

Par RT – Le 11 octobre 2021
Le robot Sophia, développé par Hanson Robotics, en train de peindre sur une plaque en plastique
La Chine va dominer le monde grâce à ses avancées en matière d’IA et autres technologies émergentes, et les États-Unis ont déjà laissé passer la chance d’empêcher cela, a déclaré le responsable informatique du Pentagone, qui vient de démissionner.
« Nous n’avons aucune chance de gagner la compétition contre la Chine dans 15 à 20 ans. À l’heure actuelle, c’est déjà une affaire réglée ; à mon avis, c’est déjà trop tard », a déclaré Nicolas Chaillan au Financial Times, dans sa première interview depuis sa démission surprise le mois dernier.

Chaillan, qui a été le premier chef informatique de l’armée de l’air américaine et a supervisé les efforts du Pentagone pour renforcer la cybersécurité au cours des trois dernières années, a annoncé sa démission en septembre pour protester contre la lenteur des progrès technologiques dans l’armée américaine.
« Que cela passe par une guerre ou pas est en quelque sorte anecdotique », mais la Chine, qui a donné la priorité à l’intelligence artificielle, à l’apprentissage automatique et aux capacités cybernétiques, est en passe de dominer le monde et de contrôler tout, des récits médiatiques à la géopolitique, a-t-il insisté.
Washington dépense peut-être trois fois plus que Pékin pour sa défense, mais cet argent est utilisé dans les mauvais domaines, a déclaré l’entrepreneur technologique d’origine française, qui a obtenu la citoyenneté américaine en 2016. L’IA et d’autres technologies émergentes sont plus cruciales pour l’avenir de l’Amérique que des projets de matériel massifs et à gros budget comme les avions de chasse F-35 de cinquième génération, a-t-il fait valoir.
Le débat en cours sur l’éthique de l’intelligence artificielle est un frein pour les États-Unis, tandis que les entreprises chinoises consacrent des « investissements massifs » à l’IA sans arrière-pensée, selon M. Chaillan.
Les entreprises chinoises coopèrent aussi activement avec leur gouvernement, mais les entreprises américaines, comme Google, sont réticentes à travailler avec les autorités américaines, a-t-il ajouté.
L’ancien responsable informatique a également tiré la sonnette d’alarme sur la cyberdéfense des agences gouvernementales américaines, affirmant qu’elles étaient de « niveau jardin d’enfants » dans certains domaines.
Dans les semaines à venir, M. Chaillan prévoit de témoigner devant le Congrès sur cette question afin d’attirer davantage l’attention sur le danger que représentent les avancées technologiques de la Chine pour les États-Unis.
La démission de M. Chaillan a fait grand bruit après qu’il l’a annoncée dans une lettre retentissante au début du mois de septembre. Il s’est plaint que la bureaucratie et le manque de financement l’avaient empêché de faire son travail correctement, disant qu’il en avait assez « d’entendre les bonnes paroles sans les actes ».
Le Pentagone « met en place des infrastructures critiques pour qu’elles échouent » en nommant des responsables militaires n’ayant aucune expertise dans le domaine en charge des initiatives cybernétiques, a soutenu l’homme de 37 ans. « Nous ne mettrions pas un pilote dans le cockpit sans une formation de vol approfondie ; pourquoi nous attendrions de quelqu’un sans expérience informatique qu’il puisse réussir ? »
Il a continué à critiquer le ministère de la Défense après son départ, affirmant lors d’une conférence CyberSatGov, en début de semaine, que les fournisseurs américains de satellites de sécurité nationale étaient incapables de travailler « à une vitesse pertinente » car ils se retrouvent coincés dans l’écosystème du Pentagone.
La NASA a également été mise sur le gril par Chaillan lorsqu’il a déclaré qu’il était « un peu honteux que nous ayons dû attendre que SpaceX apporte une capacité qui nous permette de renvoyer des Américains sur l’ISS et de ne plus dépendre des Russes ». Les fusées Soyouz, lancées par l’agence spatiale russe Roscosmos, ont livré les astronautes de la NASA en orbite depuis l’arrêt du programme de navettes en 2011 jusqu’en 2020, date à laquelle SpaceX a développé des capacités pour envoyer des humains dans l’espace.
RT
Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

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