Féminicide de Chahinez : le policier ayant pris sa plainte avait été condamné pour violences conjugales

Suite au tragique féminicide de Chahinez Daoud tuée par son ex-conjoint en mai dernier, le Canard enchaîné vient de révéler que le policier en charge d’une des plaintes de la jeune femme était lui-même connu pour des faits de violences conjugales. Un fait non négligeable qui montre bien, malgré ce qu’en dit le gouvernement, que la police perpétue les violences de genre.
Près de 3 mois après le féminicide de Chahinez Daoud, 31 ans, brûlée vive par son ex-conjoint après qu’il lui ait tiré dessus, le Canard Enchaîné a révélé que l’un des policiers en charge de l’une des plaintes était lui-même connu pour des faits de violences conjugales.
En effet, le parquet de Bordeaux annonçait “Nous avons été informés, le 24 juin, par le juge d’application des peines de Bordeaux qu’un des fonctionnaires ayant pris la plainte du 15 mars de Mme Daoud avait lui-même fait l’objet d’une condamnation pour violences intrafamiliales”.
Ainsi, en mars dernier, Chahinez est venue à nouveau porter plainte contre son ex-conjoint, une plainte parmi d’autres qui n’auront pas permis d’éviter le drame, auprès d’un policier qui venait d’être condamné en février à 8 mois de prison avec sursis probatoire et non inscription de cette condamnation au casier judiciaire B2, selon le parquet. La police nationale explique à l’AFP qu’”une enquête administrative avait été ouverte dès que l’épouse du policier avait déposé plainte” mais que la demande de renvoi devant un conseil de discipline ne s’était pas encore tenue. De même, sa hiérarchie était “parfaitement au courant” de cette affaire selon le Canard enchaîné, et un de ses supérieurs admettait que “son affectation au bureau des plaintes “était discutable””. Après l’ouverture d’une mission d’inspection par le gouvernement confiée à Schiappa, Darmanin et Dupont-Moretti, qui visait à démontrer les dysfonctionnements de la prise en charge de la victime, ce nouveau fait, passé à la trappe de cette enquête, témoigne non seulement d’une nouvelle faute grave dans l’affaire, mais aussi d’une hypocrisie sans nom de la part de ces ministres venus instrumentaliser l’affaire et dont finalement l’enquête occultant un de ses éléments centraux.
Après toute la médiatisation dont Schiappa s’est servie pour amener comme réponse aux violences de genre toujours plus de budgets pour les rangs de la police, cette révélation dans l’affaire montre bien que ce n’est pas la police qui pourra permettre aux femmes de se libérer des violences patriarcales. De plus, ce fait vient également casser la dynamique que le gouvernement voulait mettre en place en incitant les femmes à porter plainte et en instaurant une confiance envers la justice et la police, qui montrent une nouvelle fois qu’on ne peut faire confiance en ces institutions qui, soit répriment les femmes qui tentent de lutter contre les violences qu’elles subissent, comme Valérie Bacot, soit prennent des demi-mesures qui ne garantissent en rien la sécurité des femmes en danger voire n’agissent pas.
De fait, il est d’autant plus visible que ce n’est pas l’institution policière, profondément ancrée dans le système patriarcal, sexiste et misogyne, qui fera barrage aux violences de genre et permettra l’émancipation des femmes. Entre coups de com, Macron faisait en 2017 de “la cause des femmes” une des priorités de son quinquennat, la seule réponse que son gouvernement y a donné c’est sur le plan sécuritaire, en instrumentalisant la question féministe à des fins racistes et réactionnaires. Aucune confiance en son gouvernement, responsable comme les précédents des moyens rognés dans la santé, qui touchent directement les femmes, mais aussi de toutes les contre-réformes qui précarisent en première ligne les femmes, les rendant plus vulnérables face aux violences sexistes, ni en son institution policière et juridique, profondément misogyne et sexiste, comme l’ont démontré les nombreux exemples de refus de prise de plaintes.

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Author: RevolutionPermanente.fr

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