Les nombreuses bombes à retardement qui minent l’Ukraine

Par The Saker – Le 23 février 2021 – The Saker Blog
Alors que l’Ukraine ne fait, la plupart du temps, pas la une des journaux, il s’y est pourtant passé quelques histoires. Les choses vont mal sous le règne de « Ze » (Zelenskii) et l’Ukraine craint maintenant quelques bombes à retardement qui pourrait exploser à tout moment. Voici une liste partielle des problèmes que l’administration de « Ze » devra traiter en 2021 : (sans ordre particulier)

Le renforcement de l’opposition interne au régime de Ze
La pandémie de COVID, le scandale des vaccins et l’effondrement des infrastructures ukrainiennes
La répression de la liberté d’expression
La persécution des opposants à l’intérieur, et même à l’extérieur, de l’Ukraine
La montée (limitée) du parti OPZZh (supposé pro-russe)
La montée en flèche de la rhétorique européenne contre la Russie que l’administration de Ze voudra égaler et satisfaire
Le durcissement des positions de la LDNR [la région de Donetsk et Lugansk, le Donbass NdT]
Une nouvelle augmentation des discours guerriers et des provocations de la part des américains et de l’OTAN
Le régime de Kiev se prépare ouvertement une guerre contre la Russie
Cependant, avant d’examiner chacune de ces menaces, je pense que nous devons d’abord nous pencher sur ce que la présidence Zelenskii a signifié pour l’Ukraine.
Pour faire court, beaucoup (la plupart ?) des Ukrainiens se rendent compte de deux choses : premièrement, Zelenskii a fait de nombreuses promesses et n’en a tenu aucune et, deuxièmement, Zelenskii est encore pire que Poroshenko (ce qui est difficile à croire ou même à imaginer, mais telle est la triste vérité). Au début, il semblait que Zelenskii pourrait apporter un véritable « changement auquel nous pouvons croire », le principal étant qu’il agirait contre les différents escadrons de la mort nazis et qu’il ouvrirait de véritables négociations avec le Donbass. Ni l’un ni l’autre n’ont eu lieu. Zelenskii est clairement terrifié par le pouvoir politique et militaire des nationalistes et, loin de forcer les Ukronazis à respecter l’État de droit, Ze a complètement cédé à leur programme.
Mon but aujourd’hui n’est pas d’analyser en détail ce que Zelenskii a fait ou n’a pas fait, je vais simplement résumer tout cela en disant que Zelenskii n’est que pur blabla, sans actions. Littéralement, il a complètement négligé les nombreuses crises qui ont frappé l’Ukraine depuis la soi-disant « révolution de la dignité ». Ce qu’il a fait, c’est présider à une forte augmentation de la portée et de l’ampleur de la suppression de la liberté d’expression (plus d’informations à ce sujet ci-dessous). Il a également renforcé les lois contre la langue russe. Et, bien sûr, des Su-27 ukrainiens ont escorté des B-1B américains le long de la frontière entre la Russie et l’Ukraine (ce qui me fait me demander si ces pilotes ukrainiens ont encore un peu d’honneur ou de dignité ! Mais non, ce ne sont que des serviteurs, c’est tout, de doux serviteurs de leurs maîtres d’outre-Atlantique). Ce ne sont là que quelques exemples d’actions purement politiques qui ne sont là « que pour le spectacle » mais qui ne résolvent en rien les réels problèmes.
Un exemple parfait de cette approche « que du blabla sans actes » est la façon dont Ze a fait face à la pandémie de COVID en Ukraine. Au début, le leader de l’opposition, Viktor Medvedchuk, et Vladimir Poutine se sont rencontrés à Moscou et ont élaboré un plan pour aider l’Ukraine à faire face à la pandémie de COVID : La Russie remettrait ses technologies de développement de vaccins à la seule entreprise pharmaceutique ukrainienne de pointe qui pourrait alors produire du Sputnik V pour les besoins de la population ukrainienne d’abord, puis pour l’exportation. Étant donné que ni l’UE ni les États-Unis ne sont disposés à offrir des vaccins à l’Ukraine, et que l’Ukraine n’a aucune chance de développer son propre vaccin, cette solution semblait couler de source. Mais pas dans l’affreux Banderastan que les Ukrainiens ont créé sur les cendres de la véritable Ukraine. Au lieu de cela, les autorités ukrainiennes ont annoncé qu’elles se procureraient leurs vaccins en Chine. Cette « solution » ne posait que deux problèmes : 1) le vaccin chinois n’est efficace qu’à peine plus de 50 % et 2) l’argent alloué à cet achat a été immédiatement volé et a maintenant disparu (il fait bien sûr l’objet d’une enquête, mais nous savons tous comment se terminent de telles « enquêtes »). Cependant, avec toute la propagande anti-russe hystérique des nazis ukrainiens, il était tout à fait impensable qu’ils acceptent publiquement quoi que ce soit de russe, y compris un vaccin (loin des yeux du public, l’Ukraine achète pourtant beaucoup de choses à la Russie, y compris de l’énergie). La Russie est, après tout, une fausse « Rus » peuplée d’ougro-mongols (pas de « purs slaves » comme les Ukrainiens s’imaginent), c’est le « Mordor de Poutine » et, enfin et surtout, la Russie est le « pays agresseur » officiel. Comment un fier nationaliste ukrainien pourrait-il accepter quoi que ce soit de ce pays démoniaque, même si cela peut lui sauver la vie ?
En outre, Ze a personnellement expliqué que Sputnik-V n’avait pas été correctement testé et qu’il ne voulait pas transformer le peuple ukrainien en « cobayes » (apparemment, lui et ses conseillers sont trop bêtes pour lire The Lancet ; soit c’est le cas, soit ils ne se soucient pas de la mort de leur propre peuple tant que les priorités du discours politique sont maintenues). En conséquence, alors que les Ukrainiens normaux se voient refuser toute possibilité de vaccination, les Ukrainiens riches organisent déjà des voyages spéciaux en Russie pour se faire vacciner (les diplomates américains à Moscou se font également vacciner avec le vaccin russe).
En raison de ce genre de « politiques » motivées par l’idéologie, l’Ukraine supplie maintenant l’Occident de lui fournir n’importe quel vaccin (même ceux qui sont clairement dangereux !). En réponse, les États-Unis ont donné à l’Ukraine un réfrigérateur (vraisemblablement pour conserver les futurs vaccins au réfrigérateur). Quant à l’infrastructure médicale ukrainienne, elle est, tout comme le reste de l’infrastructure de l’Ukraine, en berne. En fait, elle était déjà en ruine bien avant la pandémie de COVID. La pandémie n’a fait qu’empirer les choses et révéler la vérité au reste du monde.
En outre, la pandémie de COVID n’est pas la seule crise médicale à laquelle l’Ukraine est confrontée : avec une infrastructure en ruine, des médecins ukrainiens démoralisés, démotivés et sous-payés qui travaillent dans des conditions terribles (beaucoup ont émigré, en Russie entre autres), et aucun moyen financier pour faire face à quoi que ce soit (l’Ukraine est fauchée et garde à peine une narine au-dessus de l’eau grâce aux prêts occidentaux). Cette situation est similaire à celle que la Russie a connue dans les années 90 pendant les « temps bénis de la démocratie et de la liberté », comme le disait l’Occident, et le « cauchemar des années 90 », comme le dise la plupart des Russes.
Il ne serait pas honnête de dire que Ze n’a pas du tout essayé de traiter ces problèmes. Il a fait quelque chose : il a ordonné une répression massive contre l’opposition. Ces mesures comprennent l’interdiction, par décret, des trois dernières chaînes de télévision de l’opposition (plutôt modérée), l’inculpation pour, je ne plaisante pas, « haute trahison » d’un blogueur ukrainien qui vit en Espagne et l’imposition de sanctions à plusieurs personnalités de l’opposition, à commencer par Medvedchuk. Et juste pour clarifier – rien de tout cela n’a été fait légalement ou même vaguement légalement (comment un pays peut-il imposer des sanctions à ses propres citoyens ? Et sans aucun recours judiciaire !) . Comme prévu, l’ambassade des États-Unis à Kiev a apporté son soutien total et enthousiaste à ces mesures répressives. Après tout, selon l’oncle Shmuel, il s’agit de « contrer la désinformation russe ». En revanche, le public ukrainien a immédiatement compris ce que cela signifiait (l’Internet en langue russe a également été bloqué dans le Banderastan ukronazi, tout comme les réseaux sociaux, les livres, l’art, la musique, tout ce qui est russe).
Comme le satrape impérial typique qu’il est, Ze gouverne maintenant presque exclusivement par ordonnances exécutives, toujours soutenus par la « musculature » des « services de sécurité » ukrainiens (qui, en réalité, sont le type typique de « police secrète » du tiers monde absolument corrompue dont les citoyens ordinaires ont peur, mais que les personnes liées au régime peuvent toujours utiliser comme escouades pour répandre leur terreur ; le « SBU » Ukie me rappelle vraiment le genre d’escadrons de la mort qui sévissaient en Amérique latine dans les années 70 et 80, par exemple comme celui-ci).
Bien sûr, la raison principale de cette répression de la liberté d’expression se trouve dans la perte dramatique de popularité de Ze lui-même, mais aussi parce que les arguments de l’opposition deviennent maintenant plus populaires, donnant à l’opposition un sentiment de confiance. Hélas, cette confiance n’est peut-être pas justifiée.
Prenons le plus célèbre parti d’opposition ukrainien, la « Plate-forme d’opposition pour la vie », en abrégé (en russe) « OPZZh ». Lors des élections de 2019, l’OPZZh s’est très bien comporté et a fini deuxième parti de la Rada après le parti « Serviteur du peuple » de Ze. C’est vrai. Mais on oublie souvent que l’OPZZh est arrivé en deuxième position avec seulement 13,05 % des voix et, plus important encore, l’OPZZh a déjà « exploité au maximum » son potentiel électoral. Pourquoi ? Parce que ce parti est perçu par la plupart des Ukrainiens comme étant pro-russe et que la plupart des Ukrainiens ne sont pas du tout pro-russes. De nombreuses décennies de propagande anti-russe et nationaliste, des années Khrouchtchev à aujourd’hui, combinées à une propagande ukrainienne massive et soutenue diffusée par les stations de radio et les médias occidentaux, ont eu un impact dévastateur sur la perception de soi et l’éthique du peuple ukrainien. Cela est d’autant plus vrai que l’Ukraine a perdu la Crimée et le Donbass, qui étaient des bastions de l’opposition politique antinazie au régime Ukronazi. Je ne pense pas que des régions comme Lvov, Ivano-Frankovsk ou Zhitomir puissent jamais donner une majorité de voix à l’OPZZh, même si les régions du sud et de l’est le pourraient. Ainsi, même si l’OPZZ obtient quelques voix supplémentaires (par exemple dans les régions du sud de l’Ukraine), cela ne sera probablement jamais suffisant pour transformer ce parti d’opposition autoproclamé en parti au pouvoir.
Il existait autrefois une alliance de partis d’opposition appelée « Bloc de l’opposition » qui réunissait divers mouvements et partis d’opposition. Aujourd’hui, ses membres se sont regroupés au sein de l’OPZZh ou ont fondé leurs propres sous-groupes (comme la version 2019 du Bloc d’opposition). L’ancien Parti des régions s’est dissous dans la honte, ses dirigeants désemparés étant pour la plupart en exil, mais quelques figures d’opposition fortes et franches en sont issues, dont Elena Bondarenko et Elena Lukash. Je dois également mentionner le nom de Vadim Rabinovich, un homme politique très franc et très éloquent (dont la principale sécurité politique est son passeport israélien).
Dans l’ensemble, il y a certainement quelques personnalités politiques intéressantes dans l’opposition, mais elles ne représentent pas, à mon avis, une option viable pour le Kremlin et, franchement, elles ne sont pas non plus une option pour l’Ukraine.
Néanmoins, pour le Kremlin, mettre tous ses œufs politiques dans le panier de l’OPZZh a, dans une certaine mesure, un sens. Pourquoi ? Tout d’abord, l’OPZZh est la seule grande force politique ukrainienne à vouloir parler ouvertement avec le Kremlin. On peut donc dire que la seule option est aussi, par définition, la meilleure. Mais alors que Poutine et les Russes font tout ce qu’ils doivent faire avec les figures de l’opposition ukrainienne, je soupçonne fortement que le Kremlin connaît le score réel, et que ce score semble vraiment très bas. Pour dire les choses simplement : il n’y a pas de personnalité en Ukraine capable de rallier suffisamment de gens pour finalement chasser Ze et sa bande du pouvoir.
Pourquoi ? Principalement parce que l’Ukraine est idéologiquement et moralement en faillite. Financièrement aussi, bien sûr. Mais le principal problème est que les seules personnes qui ont une vision de l’avenir de l’Ukraine sont les nazis. Personne d’autre n’offre une vision à moitié crédible pour l’avenir de l’Ukraine. Bien sûr, cela est logique parce que la vérité tragique est que l’Ukraine n’a pas d’avenir. Absolument aucun. Après tout, c’est un pays artificiel, créé par Lénine et Khrouchtchev, dont l’identité nationale est uniquement basée sur la haine (voir ici et ici) et dont les parties constituantes ont des idéologies, des croyances et des points de vue mutuellement exclusifs.
Il est assez remarquable que, alors que sous le régime de Porochenko l’opposition était persécutée à la fois légalement et illégalement (des meurtres impunis de dissidents politiques ont eu lieu en grand nombre, personne dans l’« Ouest démocratique » n’avait rien à dire à leur sujet !), Ze va un peu plus loin : il est clairement déterminé à déclarer que toute l’opposition est composée non pas d’opposants ukrainiens, mais de traîtres à l’Ukraine, d’« agents de Poutine » et de partisans secrets du « monde russe ». D’où la dernière série de mesures de répression, de poursuites judiciaires et de persécutions administratives.
Comme toujours, l’Occident ne fait qu’empirer les choses. Comment ? Eh bien, depuis la victoire de Biden, qui a volé l’élection présidentielle américaine, les classes dirigeantes compradores dirigées par les États-Unis en Europe s’efforcent de montrer qu’elles sont tout aussi anti-russes que la nouvelle administration. Cela encourage le régime de Kiev à faire preuve d’une plus grande agressivité envers les Russes (sous quelque forme que ce soit, cela n’a pas vraiment d’importance). Ce « changement de ton » est immédiatement remarqué dans le Donbass et entraîne une escalade de la rhétorique politique (et des « incidents » militaires) au sein de la LDNR. Cela a un impact sur la scène politique russe et se traduit par des événements tels que le voyage de Margarita Simonian, rédactrice en chef de la chaîne d’information RT et de l’agence de presse internationale publique Rossiya Segodnya, à Donetsk, où elle a déclaré publiquement « Russie, mère patrie, ramène le Donbass chez toi ! (« Россия, матушка, забери Донбасс домой ! »). Bien entendu, elle a insisté sur le fait que c’était son opinion privée et qu’elle ne s’exprimait pas à titre officiel, ce qui est vrai. Mais ce qui est également vrai, c’est que Simonian est une figure populaire en Russie, et ses propos ont immédiatement été discutés dans tous les talk-shows, sur VK, sur les blogs et sur toutes les grandes chaînes de télévision. Tout le monde comprend que, tout en parlant en son nom propre, elle était très consciente, disons, de « l’humeur » au Kremlin (et de la rue russe !) et que ses propos auront désormais un impact notable sur le discours politique russe, tant sur le discours officiel que sur l’Internet russe (Runet). Il s’agit d’une séquence potentiellement très dangereuse :
Les États-Unis intensifient leur rhétorique anti-russe.
Les Européens leur emboîtent immédiatement le pas et l’intensifient eux aussi.
Les Ukronazis suivent immédiatement le mouvement et l’intensifient eux aussi.
Les républiques de la LDNR mettent en garde contre une escalade et augmentent la pression sur la Russie.
Les Russes réagissent à tout ce qui précède et durcissent à la fois leur rhétorique et leurs actions.
L’Occident a l’impression qu’il doit montrer sa puissance militaire, mais ne peut le faire que symboliquement.
La Russie utilise des capacités militaires réelles pour s’opposer aux actions symboliques de l’Occident.
L’Occident accuse la Russie d’escalade militaire.
Les Russes déclarent officiellement que l’Occident est 1) incapable de respecter ses engagements (vieil argument) et 2) hypocrite au-delà des mots.
L’Occident utilise ensuite son « soft power » (pouvoir politique) pour harceler la Russie, ce qui ne fait qu’empirer les choses (retour au n° 1 ci-dessus)
C’est exactement le genre d’escalade ouverte qui peut entraîner un cataclysme majeur. Quant aux politiciens ukronazis, ils inondent l’air de déclarations triomphantes sur leur « nouveau » missile Neptune qu’ils pourraient utiliser pour détruire le pont de Crimée (voir ici ou ici pour bien rire !). Bien sûr, les Russes savent que le « nouveau » missile Neptune n’est qu’une modernisation de l’ancien, datant des années 1980, le missile soviétique Kh-35, un missile subsonique avec une ogive de 145 kg. Le Kh-35 original avait une portée de 130 km, qui a été portée à 300 km en Russie en 2015. Le « nouveau » Neptune a également une portée de 300 km. En clair, cela signifie trois choses : 1) les défenses aériennes russes peuvent facilement abattre ce missile à vol lent 2) une ogive de 145 kg ne peut pas faire de dégâts significatifs à une structure énorme comme le pont de Crimée et 3) Kiev a toujours de mauvaises intentions et rêve d’une reconquête.
Mais ce n’est pas tout ! Kiev promet également 1) de construire une nouvelle base navale non seulement sur la côte de la mer Noire, mais aussi sur la mer d’Azov et 2) ils travaillent maintenant avec le Royaume-Uni pour développer ces capacités. Mieux encore, les médias occidentaux et ukrainiens déclarent ouvertement qu’il s’agit d’une stratégie pour vaincre la Russie (pour rire, lisez ceci). La vérité est la suivante : peu importe la mer d’Azov, l’ensemble de la mer Noire est désormais un « lac russe » de facto et la Russie a les moyens de détruire tout navire naviguant sur la mer Noire en quelques minutes, tout le monde le sait, du moins toute personne ayant un passé militaire. En cas de conflit, le temps de survie de ces deux bases ukrainiennes serait compté non pas en minutes, mais en secondes. Déployer une force si près de la frontière russe est fondamentalement suicidaire.
Un exemple de plus du genre de folie qui s’est emparée de l’Ukraine avec Ze au pouvoir : croyez-le ou non, mais l’administration de Ze a expliqué que l’Ukraine avait donné à l’OTAN « l’autorisation » de survoler la Crimée. Encore une fois, c’est une idée si évidemment stupide que je ne parlerai pas de ses qualités. Tout ce que je veux, c’est vous vous imaginiez entendre toutes ces folies si vous étiez un décideur russe : ignoreriez-vous simplement ces cinglés ou prendriez-vous les mesures nécessaires pour que rien de tout cela n’arrive jamais. Même Lavrov a récemment cité le célèbre dicton romain « si vis pacem, para bellum » qui, considérant que Lavrov est très certainement un « modéré » vous dit tout ce que vous devez savoir sur la réponse russe à toute cette folie.
La triste vérité est que l’Ukraine de Ze n’est pas plus viable que celle de Porochenko. En fait, je dirais que l’Ukraine est en train de craquer de tous les côtés et que la seule solution qui reste pour retarder, mais pas empêcher, un effondrement de type somalien est d’importer tout de l’étranger : de l’UE, bien sûr, mais aussi de la Russie (surtout l’énergie) qui continue à fournir de l’énergie à l’Ukraine, même si cela est rarement annoncé (surtout en Ukraine). Le secteur énergétique ukrainien est en ruine, tout comme le secteur agricole ukrainien (la promesse de « superpuissance agraire » n’a pas non plus été tenue ; cela me rappelle la « croisade du maïs » de Kroutchev…). Rien de tout cela n’est jamais rapporté à l’Ouest (pour rire, voir ici, ici ou ici), si ce n’est ce qui est profondément enfoui dans certains rapports comme ce rare aveu : « On estime que le secteur informel en Ukraine représente un tiers du PIB du pays, et le PIB par habitant (à parité de pouvoir d’achat) n’est qu’à 20 % de la moyenne de l’UE ».
La réalité de l’effondrement de l’Ukraine est si grave que la communauté internationale a décidé de fournir des vaccins COVID à l’Ukraine par le biais du programme COVAX que Wikipedia définit comme « l’instrument de financement qui garantira l’accès au vaccin COVID-19 pour 92 économies à faible et moyen revenu ». En fait, il a été décidé que l’Ukraine sera l’un des premiers pays à bénéficier de ce programme d’aide internationale. En clair, cela signifie ceci : puisque l’Ukraine ne peut pas produire de vaccin, que l’Ukraine n’a pas d’argent pour acheter des vaccins à l’étranger et que la situation épidémiologique en Ukraine (et dans tous les autres pays pauvres) représente un réel danger pour les pays développés et riches, il est logique que les riches vaccinent les pauvres, ne serait-ce que pour éviter d’être contaminés par eux (encore un cas d’intérêt personnel déguisé en charité).
Les pays riches n’auront d’autre choix que de payer les frais de vaccination des personnes qui vivent dans des États en faillite et dans d’autres pays indigents. Pourtant, même Ze lui-même a dû admettre que cela ne suffira pas. Il me semble que les États-Unis vont vendre leurs pires vaccins (Pfizer) aux Ukrainiens tout en réalisant des bénéfices. Certains opposants au régime, comme Anatolii Sharii (le blogueur vivant en Espagne et accusé de « haute trahison ») ont suggéré de faire avec les vaccins russes ce que l’Ukraine a déjà fait avec l’énergie russe : ne pas l’acheter à la Russie mais, au contraire, laisser la Russie vendre ses vaccins (la Russie est le seul pays au monde à posséder 3 vaccins testés et entièrement approuvés) à l’UE qui peut ensuite les revendre à l’Ukraine, occultant ainsi l’origine « nation-agresseur » du vaccin aux yeux du public. C’est cette technique, appelée « reverse », que l’UE et le régime de Kiev ont mise au point pour éviter d’admettre le fait absolument inadmissible que l’Ukraine n’existe toujours que parce que la Russie le lui permet (si la Russie devait couper tous ses liens avec l’Ukraine, celle-ci s’effondrerait rapidement, ne serait-ce que par manque d’énergie).
Mais aucun pays ne peut vivre en « reversant » tout. Non seulement les produits « reversés » sont plus chers que les produits originaux (le transport coûte de l’argent), mais l’UE ne dispose pas d’assez d’énergie ou de vaccins pour elle-même. Et alors que les Européens ont menti aux Ukrainiens sur à peu près tout et ont fait d’innombrables promesses sur la façon dont l’Ukraine deviendra « la prochaine Allemagne » de l’UE, la triste réalité est que personne dans l’UE ne se soucie de l’Ukraine et du peuple ukrainien. Les politiciens de l’UE ne se soucient même pas de leur propre peuple, pourquoi devraient-ils se soucier du peuple d’un autre ? Souvenez-vous, c’est la « nouvelle UE » où les seules « valeurs européennes » qui restent sont la cupidité, le pouvoir et l’hypocrisie psychopathique. Désormais, lorsque vous pensez à l’Europe, ne pensez plus à Henry Dunant (le fondateur du mouvement de la Croix-Rouge, bien avant Clara Barton qui n’a fondé la Croix-Rouge américaine que 18 ans plus tard) ou à J.S. Bach, mais pensez à Conchita Wurst : c’est le nouveau visage, woke, de l’Europe.
En fait, je dirais même que le seul pays au monde où les gens se soucient encore vraiment de l’Ukraine et du peuple ukrainien reste la Russie. Cette idée est, bien sûr, une pensée criminelle à 100% que personne en Occident n’admettra jamais. Malheureusement, de nombreux signes indiquent que l’amour traditionnel du peuple russe pour l’Ukraine est rapidement remplacé par un fort sentiment de dégoût.
Dans ce contexte très défavorable, il devient également de plus en plus impossible pour la machine de propagande ukrainienne de dissimuler l’ampleur et la portée de la crise profonde qui touche le pays : l’accélération de l’effondrement des infrastructures ukrainiennes est tout simplement impossible à dissimuler. Peut-on dissimuler des choses comme les graves pénuries de biens et de services ? Comment dissimuler une panne d’électricité ?
Conclusion
L’Ukraine est confrontée à une série de problèmes majeurs qui ne resteront probablement pas restreints à son territoire. Des choses comme la criminalité, une pandémie ou la loi du plus fort sont très difficiles à contenir. Tôt ou tard, ces problèmes se répercuteront inévitablement sur le pays voisin, qui devra alors faire face aux mêmes menaces. En théorie, la Russie, les États-Unis et l’UE pourraient se réunir et s’entendre sur un plan de sauvetage international, mais comme les États-Unis et l’UE considèrent qu’ils jouent un jeu à somme nulle contre la Russie, aucun homme politique occidental ne plaidera jamais ouvertement en faveur d’une véritable collaboration avec le Mordor de Poutine. Poutine a récemment déclaré : « Pourquoi tout tourne-t-il autour du Nord Stream – 2 ? Ils veulent faire payer à la Russie l’échec de leur projet géopolitique « Ukrainien », c’est tout. En fait, tout est assez primitif, tout est simple, nous l’avons compris depuis longtemps, mais c’est le monde dans lequel nous vivons ». Il va sans dire que la Russie n’acceptera pas de payer la facture de cette expérience désastreuse qu’est l’ethnogenèse russophobe, ne serait-ce que parce qu’elle n’a tout simplement pas les réserves nécessaires pour payer un programme aussi énorme. Tout au plus, la Russie continuera à aider le Donbass, et même dans ce cas, la Russie (ou les républiques de la LDNR) pourrait envisager d’exiger des réparations de Kiev et de ses sponsors occidentaux. Encore une fois, sachant comment fonctionnent les tribunaux d’arbitrage occidentaux, cela n’arrivera pas non plus.
Je pense que personne ne croit sérieusement que le Donbass ou la Crimée accepteront un jour de revenir sous la domination de Kiev, ni de facto ni de jure. C’est un fait. Je ne crois pas non plus que l’Ukraine croupion soit une entité viable. La seule conclusion à laquelle je peux arriver est la suivante : une dislocation de l’Ukraine pourrait être inévitable. En fait, une telle dislocation pourrait même être souhaitable pour tous les partis (à l’exception des classes dirigeantes russophobes bellicistes de l’Empire anglo-sioniste qui veulent détruire la Russie à tout prix).
The Saker
Traduit par Wayan, relu par Hervé pour le Saker Francophone

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