Discours à la marche des libertés (Paris, 28 novembre 2020)

Durant la Marche des Libertés qui se déroulait entre République et Bastille, un représentant de La Quadrature du Net a pris la parole pour rappeler que l’attaque contre la liberté d’expression et d’information n’était pas la seule contenue dans la proposition de loi Sécurité Globale.La vidéo est ici.
Et en voici le texte ci-dessous :

Dans les années 2000, les militants au faits des nouvelles technologies alertaient des risques de surveillance qu’elles permettaient déjà. On ne les avait pas cru.En 2013, il y a déjà 7 ans, Edward Snowden a révélé, par des milliers de documents, la diversité et la sophistication de la surveillance de masse technologique mise en œuvre par les États-Unis.

7 ans, avec les technologies actuelles, c’est l’éternité.

Certaines technologies compliquées à l’époque sont monnaie courante aujourd’hui. Les capacités de traitement et de stockage ont été largement démultipliées.
Avec cette loi Sécurité Globale, on démultiplie les flux vidéo à destination de la police et de la reconnaissance faciale :
Plus de caméras fixes avec celles des hall d’immeubles – article 20.
Plus de caméras mobiles avec les caméras piétons de la police – article 21.
Plus de caméras dans les airs avec les drones, utilisés en toute illégalité aujourd’hui par la police – article 22.

Et tout ceci, branché sur des ordinateurs pour faire de l’analyse automatique. Vous pensez qu’on exagère, comme en 2000 ?

Depuis plusieurs années, des expérimentations ont lieu en France. Reconnaissance biométrique, faciale, d’événement, d’émotions, de port du masque, microphone analysant l’environnement sonore, de big data analysant les réseaux sociaux
Ces expérimentations ne sont pas autorisées par la loi, mais il faut bien expérimenter, hein ?!?
Qui sont les cobayes de ces expérimentations ? Vous ! Nous tous !
Mais vous pensez vraiment qu’ils expérimentent ces technologies ? Non, ils testent votre acceptabilité. C’est le maître-mot du Pouvoir et de la police ces dernières années : l’acceptabilité de la population.

Si vous pensez que cette loi est une erreur de parcours, vous vous trompez. Si vous voulez vous en convaincre, allez lire le « livre blanc de la sécurité intérieure » du ministère de l’intérieur, paru il y a 10 jours. C’est le plan d’un contrôle massif de la population par la TECHNOPOLICE.

Tout y est :
Identification multi-biométrique des individus (papillaire, faciale, odorat, voix…)
Remonté de ces informations en temps réel dans des casques de réalité virtuelle pour la police.
Analyse des RS en permanence

Qui est parano ?? Cette PPL Sécurité Globale, ce n’est pas que l’article 24 : Refusons l’article 20, Refusons l’article 21, Refusons l’article 22.

C’est le futur qu’ils nous imposent. Refusons ce futur.

Cette loi ne doit passer ni aujourd’hui, ni jamais !

Read on source website...

Author: TechnoPolice.fr

Manifeste Résister à la surveillance totale de nos villes et de nos vies Partout sur le territoire français, la Smart City révèle son vrai visage : celui d’une mise sous surveillance totale de l’espace urbain à des fins policières. À Toulouse, Valenciennes ou Paris, on expérimente la vidéosurveillance réputée « intelligente » car fondée sur le traitement automatisé des flux vidéos pour imposer la reconnaissance faciale. À Saint-Étienne, une startup s’allie avec la mairie pour déployer des micros dans l’espace urbain afin d’alerter la police en cas de bruit suspect. À Marseille où Nice, des industriels voraces comme Thalès ou Engie avancent main dans la main avec les élus pour pousser leurs projets de « Safe City », sorte de couteau-suisse sécuritaire qui va de la reconnaissance des émotions dans l’espace public urbain à l’interconnexion massive de bases de données à des fins de police prédictive, en passant par la surveillance des réseaux sociaux. Les nouvelles technologies informatiques comme le Big Data et l’Intelligence Artificielle sont la clé de voûte de ces différents projets. Ce sont elles qui doivent permettre de faire sens de toutes les données que l’on saura produire ou collecter, établir des corrélations, faire des recoupages statistiques, tracer des individus ou administrer des lieux. La Smart City fait ainsi de la Technopolice notre futur. Sous couvert d’optimisation et d’aide à la décision, elle transforme l’urbanité toute entière pour en faire une vaste entreprise de surveillance. Une surveillance macroscopique d’abord, dédiée à un pilotage serré et en temps réel des flux de population et de marchandises, à une gestion centralisée depuis un centre de commandement hyperconnecté. Puis, une surveillance rapprochée des individus et des groupes : dès que des comportements « suspects » sont détectés, les appareils répressifs pourront fondre sur eux, « préempter la menace » et réprimer la moindre petite infraction à l’ordre public. Ou à l’inverse récompenser les citoyens jugés vertueux. Sauf qu’il suffit de regarder dans le miroir que nous tendent l’histoire ou d’autres régions du monde pour savoir à quoi la Technopolice nous conduit : renforcement des formes de discrimination et de ségrégation, musellement des mouvements sociaux et dépolitisation de l’espace public, automatisation de la police et du déni de justice, déshumanisation toujours plus poussée des rapports sociaux. Tout cela et plus encore, au prix d’un gigantesque gâchis financier et écologique qui ne servira qu’à conforter le pouvoir des marchands de peur, et à maquiller le plus longtemps possible l‘ineptie de leurs politiques. Les technocrates misent donc sur le Plan et la Machine pour réguler nos villes et nos vies. En lieu et place de la polis entendue comme cité démocratique, comme espace pluraliste, lieu de déambulation, de rencontres impromptues et de confrontation à l’altérité, ils mettent la ville sous coupe réglée. La technopolice ressemble à un gigantesque tube à essai dans lequel les formes les plus avancées du contrôle social pourront être mises au point. Contre cette dystopie que préparent ceux qui prétendent nous gouverner, nous appelons à une résistance systématique.