Pourparlers interafghans : Kaboul exhorte les talibans à une trêve

Le gouvernement afghan a appelé hier les talibans à une trêve, destinée à mettre fin à la violence et à établir une paix durable en Afghanistan, au troisième jour des pourparlers à Doha, rapporte l’AFP. «La participation de l’équipe de négociation du gouvernement d’Afghanistan aux pourparlers de paix vise à obtenir un cessez-le-feu, à mettre fin à la violence et à assurer une paix et une stabilité durables dans le pays», a déclaré le porte-parole présidentiel afghan, Sediq Seddiqi, dans un tweet.
A la cérémonie inaugurale des pourparlers samedi en présence du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, le gouvernement afghan a appelé à un cessez-le-feu. De leur côté, les talibans, qui combattent le gouvernement et les Etats-Unis depuis qu’ils ont été chassés du pouvoir en 2001, n’ont pas fait mention d’une trêve. Le responsable du processus de paix du côté du gouvernement, Abdullah Abdullah, a ensuite affirmé que les insurgés pourraient accepter un cessez-le-feu en échange d’une nouvelle libération de prisonniers. «Cela pourrait être une de leurs demandes», a-t-il ajouté avant de repartir à Kaboul dimanche. «Il devrait d’abord y avoir une réduction significative de la violence, plus un cessez-le-feu humanitaire et enfin un cessez-le-feu global et permanent.»
La première réunion «entre les groupes de contact des équipes de négociation a eu lieu dimanche», a tweeté l’équipe de négociation du gouvernement, ajoutant que le «calendrier et le code de conduite» pour les discussions, dont la durée n’a pas été précisée, avaient été abordés. Le porte-parole côté talibans, Mohammad Naeem, a confirmé le début des discussions techniques.
Visions inconciliables
Samedi, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a reconnu qu’il fallait «sans aucun doute relever de nombreux défis lors des pourparlers dans les prochains jours, semaines et mois», après avoir exhorté les deux belligérants à «saisir l’occasion» de faire la paix pour les générations futures. Mais 19 ans après l’intervention internationale menée par les Etats-Unis qui a chassé les talibans du pouvoir, la guerre tue encore quotidiennement des dizaines de personnes.
Les négociations de paix, lancées dans le cadre de l’accord américano-talibans conclu en février à Doha, s’annoncent longues et difficiles, tant les divergences sont profondes entre les deux belligérants.
Cet accord a entériné en outre le départ des forces étrangères d’Afghanistan d’ici mi-2021, en échange, notamment, de ce dialogue interafghan. Le président américain, Donald Trump, est déterminé à mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis. Mais un règlement rapide du conflit semble peu probable et l’issue des négociations paraît hautement incertaine.
Les rebelles, qui ne reconnaissent pas le gouvernement de Kaboul, qualifié de «marionnette» de Washington, veulent que l’Afghanistan soit régi par un «système islamique», a rappelé leur négociateur en chef, Abdul Ghani Baradar. «Je veux que tout le monde tienne compte de l’islam dans les négociations et accords et que l’islam ne soit pas sacrifié à des intérêts personnels», a-t-il soutenu. Le gouvernement du président Ashraf Ghani compte maintenir la jeune République et sa Constitution, qui a consacré de nombreux droits, notamment pour les femmes et les minorités religieuses.
Le conflit afghan a causé la mort de dizaines de milliers de personnes, dont 2400 soldats américains, poussé des millions d’autres à fuir et coûté plus de 1000 milliards de dollars à Washington. A l’été 2018, le gouvernement afghan ne contrôle plus que 55% du territoire national, selon un rapport américain.
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Author: ElWatan.com

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