Visite du secrétaire d’état américain au Soudan : Pas de normalisation avec Israël avant la fin de la transition, selon Khartoum

Le Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, a affirmé hier au secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, en visite à Khartoum, qu’il n’y aurait pas de normalisation avec Israël avant la fin de la transition au Soudan, prévue en 2022. «La phase de transition au Soudan est dirigée par une large coalition avec un agenda spécifique, visant à achever le processus de transition et à instaurer la paix et la stabilité dans le pays, jusqu’aux élections libres (en 2022).
Le gouvernement de transition n’a pas de mandat au-delà de ces tâches pour décider de la normalisation avec Israël», a déclaré A. Hamdok, cité par le porte-parole du gouvernement, dans des propos recueillis par des médias. Par ailleurs, il a plaidé auprès de l’administration américaine «la nécessité de dissocier la sortie du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme à la question de la normalisation avec Israël».
Un peu plus tôt dans la journée, la coalition des partis et de la société civile, qui a dirigé la contestation ayant renversé l’autocrate Omar El Béchir en 2019, a affirmé hier que le gouvernement n’a pas de mandat pour normaliser les relations entre le Soudan et Israël. «Le gouvernement actuel est un gouvernement de transition, qui gouverne en vertu d’un document constitutionnel n’ayant pas de mandat» sur la question de la normalisation des relations avec Israël, affirme le communiqué des Forces de la liberté et du changement (FLC), soulignant «le droit des Palestiniens à leur terre et à une vie libre et digne».
Le Conseil militaire, à la tête du Soudan, et les meneurs de la contestation ont signé le 17 août 2019 une «déclaration constitutionnelle» finalisant un accord pour un transfert progressif du pouvoir aux civils, après plusieurs mois de protestations populaires. Un gouvernement a été formé le 5 septembre 2019 avec le soutien des FLC.
Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, est arrivé hier au Soudan dans le cadre de sa tournée de cinq jours au Moyen-Orient. Périple qui a pour objectif de convaincre des pays de la région de normaliser leurs relations avec Israël, comme l’ont fait les Emirats arabes unis le 13 août. Il a quitté Israël pour le Soudan à bord du «premier vol officiel direct» entre Tel-Aviv et Khartoum, les deux pays n’ayant jamais entretenu de relations diplomatiques. Ils sont techniquement en guerre et, durant les 30 ans de pouvoir de Omar El Béchir, le Soudan a accueilli des islamistes radicaux, notamment Oussama ben Laden qui y a vécu de 1993 à 1996, avant de s’installer en Afghanistan.
Sanctions
Pour punir le Soudan, les Etats-Unis lui ont imposé des sanctions à partir des années 1990. Les contacts entre Washington et Khartoum n’ont fait que se dégrader et, en 1997, leurs relations diplomatiques ont été abaissées au niveau de chargés d’affaires. Ce n’est qu’en janvier qu’ils ont renvoyé des ambassadeurs. Le nouveau gouvernement de transition, formé en septembre 2019 après les manifestations populaires ayant fait chuter El Béchir, a décidé de se rapprocher des Etats-Unis et d’agir pour que le Soudan soit retiré de la liste noire des pays soutenant le terrorisme. Les autorités soudanaises ont indiqué début août «être prêtes à continuer de travailler avec l’administration américaine, afin de favoriser un climat qui aidera à retirer le nom du Soudan de la liste des pays soutenant le terrorisme et entrer dans un partenariat (avec les Etats-Unis) qui bénéficiera aux deux pays».
Les sanctions bloquent tout investissement dans ce pays qui connaît une crise économique profonde. L’inflation atteint 143% en glissement annuel et la monnaie ne cesse de se déprécier face au dollar, dans un contexte économique mondial fortement déprimé du fait de la pandémie du nouveau coronavirus.
En février, au terme d’un entretien avec le général soudanais Abdel Fattah Al Burhane en Ouganda, Benyamin Netanyahu a affirmé avoir convenu «d’entamer une coopération qui normalisera les relations entre les deux pays». Mais le gouvernement soudanais a démenti que la question de la «normalisation» ait été abordée. Le 18 août, le porte-parole du ministère soudanais des Affaires étrangères, Haider Badawi, a reconnu implicitement des contacts entre son pays et Israël.
Il est révoqué le lendemain par son ministre, qui a démenti ses propos.
Le secrétaire d’Etat américain a entamé lundi en Israël son périple régional. Après Israël et le Soudan, il est attendu à Bahreïn et les Emirats arabes unis. Il s’est entretenu à Jérusalem avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, entre autres. «Je suis très optimiste (à l’idée) de voir d’autres pays arabes se rallier à cette opportunité de reconnaître l’Etat d’Israël et de travailler avec lui», a-t-il déclaré. Mais il n’a pas établi de liste des pays candidats à une normalisation avec Israël.
De son côté, B. Netanyahu a évoqué «une nouvelle ère» où «d’autres pays» de la région pourraient suivre les traces des Emirats. «Nous avons discuté de cela et j’espère qu’il y aura du nouveau dans un futur proche.»
Le plan Trump pour le Moyen-Orient annoncé en janvier prévoit une coopération entre Israël et des pays arabes hostiles à l’Iran, ainsi que l’annexion de pans de la Cisjordanie par l’Etat hébreu. Les Emirats assurent que l’accord avec Israël prévoit de «mettre fin à toute annexion supplémentaire» en Cisjordanie, territoire occupé par Israël depuis 1967, alors que B. Netanyahu a évoqué un simple «report».
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Author: ElWatan.com

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