Biélorussie : Manifestations à Minsk contre le pouvoir

Des dizaines de milliers de Biélorusses ont manifesté hier à Minsk pour dénoncer la réélection du président Alexandre Loukachenko, selon l’AFP.
Des médias et des comptes de messagerie Telegram liés à l’opposition évoquent, quant à eux, plus de 100 000 protestataires dans la capitale biélorusse pour le deuxième dimanche consécutif. Ils dénoncent la réélection jugée frauduleuse le 9 août de A. Loukachenko, ainsi que la brutale répression l’ayant suivi. Les chaînes Telegram proches de l’opposition ont signalé des rassemblements dans plusieurs autres villes du pays. La semaine dernière à Minsk, plus de 100 000 personnes se sont rassemblées pour réclamer le départ du président Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, qui a exclu de quitter ses fonctions, comme le demande sa principale concurrente au scrutin du 9 août, Svetlana Tikhanovskaïa. Peu après l’élection, cette dernière s’est exilée en Lituanie, sous la menace, selon ses proches.
De son côté, le chef de la diplomatie de l’Union européenne (UE), Josep Borrell, a mis en garde contre le risque de voir le Bélarus se convertir en une «seconde Ukraine», estimant nécessaire de «traiter» avec le président Alexandre Loukachenko, dans un entretien publié hier par le quotidien espagnol El Pais.
L’UE a rejeté le résultat de la présidentielle du 9 août au Bélarus. L’UE «n’a pas l’intention de convertir le Bélarus en une seconde Ukraine», a affirmé J. Borrell, évoquant le différend avec la Russie après l’annexion de la Crimée en 2014. «La tension entre l’Europe et la Russie s’est réglée par des tirs, de la violence et une désagrégation du territoire ukrainien qui dure encore. Le problème aujourd’hui des Biélorusses n’est pas de choisir entre la Russie et l’Europe, c’est d’obtenir la liberté et la démocratie», a-t-il poursuivi.
Il a observé qu’il fallait continuer le dialogue avec le président Loukachenko, comparant sa situation à celle de son homologue vénézuélien, Nicolas Maduro, également en butte à un mouvement de contestation réprimé par le pouvoir. «Maduro et Loukachenko sont exactement dans la même situation. Nous ne reconnaissons pas qu’ils ont été légitimement élus. Toutefois, que cela nous plaise ou non, ils contrôlent le gouvernement et nous devons continuer à traiter avec eux, bien que nous ne reconnaissions pas leur légitimité démocratique», a expliqué le chef de la diplomatie européenne.
De son côté, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a mis en garde le même jour contre «l’instigation de troubles depuis l’extérieur» et contre une nouveau «scénario ukrainien». Samedi, le président biélorusse a profité d’une inspection des unités militaires déployées près de la frontière polonaise pour présenter la contestation comme un complot ourdi à l’étranger.
Il a placé les forces armées en état d’alerte, dénonçant d’«importants agissements des forces de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord, ndlr) à proximité» des frontières, sur les territoires polonais et lituanien. L’Alliance a démenti tout «renforcement militaire dans la région». Les autorités biélorusses ont, par ailleurs, engagé cette semaine des poursuites pour «atteintes à la sécurité nationale» contre le «Conseil de coordination», formé par l’opposition pour promouvoir une transition politique post-électorale. Loukachenko a aussi menacé de représailles les grévistes contestant son pouvoir, évoquant des licenciements ou la fermeture de chaînes de production.
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Author: ElWatan.com

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