Escalade militaire israélienne à Ghaza : Une nouvelle guerre totale contre les Palestiniens à l’horizon ?

Malgré les bombardements quotidiens depuis le 6 août de terres agricoles et de positions des brigades Ezzeddine Al Qassam, la branche armée du mouvement Hamas qui contrôle Ghaza, par l’armée de l’occupation israélienne, les ballons incendiaires lancés depuis l’enclave palestinienne continuent de tomber dans le sud de l’Etat hébreu.
Pas moins de 7 incendies ont été signalés dans la matinée de vendredi.
Les grandes chaleurs, la sécheresse et les vents secs favorisent la propagation des incendies devenus une source d’inquiétude véritable pour les habitants des localités israéliennes proches de l’enclave palestinienne et des responsables israéliens, qui, jusqu’à maintenant, n’ont pas trouvé de moyens efficaces pour lutter contre cette nouvelle arme rudimentaire.
Comme réponse à ce moyen de lutte utilisé intensément depuis plus de deux semaines pour réclamer une levée du blocus israélien imposé à la bande de Ghaza depuis plus de 14 ans, l’aviation et l’artillerie israéliennes bombardent chaque nuit des positions et des sites des brigades Ezzeddine Al Qassam.
Cette escalade militaire risque de s’intensifier prochainement vu les menaces proférées par les plus hauts responsables de l’entité sioniste. «Si le Hamas veut la guerre, il l’aura», avait déclaré récemment le président israélien, Reuven Rivlin, qui a affirmé vendredi matin qu’Israël «ne restera pas les bras croisés» tant que Hamas «serait hors de contrôle». Des menaces de guerre totale contre la bande de Ghaza et le mouvement Hamas ont été également lancées par le Premier ministre Benyamin Netanyahou et le ministre israélien de la Guerre, Benny Gantz.
Escalade et blocus
Jusqu’à maintenant, ces bombardements quotidiens en majorité nocturnes n’ont fait que des dégâts matériels dans les positions ciblées, en plus de quelques blessés légers parmi la population. Jeudi soir, les Palestiniens ont décidé de monter d’un cran leur réponse à l’escalade militaire israélienne. Pas moins de 7 roquettes palestiniennes ont été tirées en direction des localités israéliennes proches de la bande de Ghaza, pour la plupart interceptées par le système de défense anti-missiles «dôme de fer», selon l’armée de l’occupation.
Des sources israéliennes ont rapporté que 4 habitants de la localité israélienne de Sderot, la plus proche de l’enclave palestinienne, ont été blessés par les éclats d’un missile du dôme de fer tombés sur leur maison.
Faouzi Barhoum, porte-parole du mouvement Hamas, a déclaré que «la résistance n’hésitera pas à aller vers une nouvelle bataille contre l’ennemi sioniste au cas où il poursuivrait son escalade, ses bombardements et son blocus». Il a fait porter à Israël l’entière responsabilité des conséquences de «sa politique d’agression» contre la bande de Ghaza et ses deux millions d’habitants. L’occupation israélienne avait, en plus de ses bombardements quotidiens soutenus depuis le début de la semaine passée, intensifié son blocus de la bande de Ghaza en fermant tous les points de passage et en interdisant la pêche au large des côtes ghazaouies.
Ceci a provoqué l’arrêt total de la seule station électrique par manque de carburant. En cette période de grandes chaleurs, depuis mardi les foyers ghazaouis n’ont droit qu’à 3 heures d’électricité par jour et l’eau est devenue rare dans les robinets, ce qui augmente les souffrances d’une population délaissée par le monde entier. Une véritable crise humanitaire est en train de s’installer dans l’étroite bande côtière palestinienne surpeuplée.
Les effets désastreux du blocus
Le blocus israélien, étouffant, imposé à la bande de Ghaza, depuis 2006, renforcé depuis le contrôle de l’enclave palestinienne par le mouvement Hamas, suite à un putsch armé en 2007, a fait de ce territoire une grande prison à ciel ouvert. Les 3 guerres dévastatrices et sanglantes menées par Israël durant ces années de blocus contre la bande de Ghaza ont, en plus des pertes humaines, des milliers de martyrs et de blessés, en grande majorité des civils, démoli l’infrastructure de base et le secteur de la petite industrie, ce qui a paralysé totalement la machine économique. Les répercussions de cette situation sont visibles dans tous les secteurs. Le taux de chômage et la pauvreté ont atteint des taux jamais égalés. 65% des jeunes à Ghaza sont au chômage. 80% des habitants de la bande de Ghaza ont besoin d’aides humanitaires pour survivre.
Une délégation sécuritaire égyptienne ayant visité l’Etat hébreu et la bande de Ghaza en milieu de la semaine passée n’a pas réussi à apaiser la situation qui a plutôt empiré. Un accord indirect de trêve entre Israël et le Hamas parrainé l’an dernier par les Nations unies, l’Egypte et le Qatar prévoyant l’envoi de 30 millions de dollars par le Qatar mensuellement et le financement de projets de développement économique dans l’enclave palestinienne, dans l’espoir de faire chuter le chômage, n’a jamais été totalement respectée par Israël.
Les lancers de ballons incendiaires depuis la bande de Ghaza sur le sud de l’Etat hébreu sont en fait un message adressé à l’Etat d’Israël, la force occupante, et à la communauté internationale, sur la nécessité de l’amélioration des conditions de vie d’une population opprimée qui commence à perdre espoir, pour laquelle la vie est devenue synonyme de la mort. Mais ni l’occupant israélien ni la communauté internationale ne semblent avoir compris le message.
Le premier a renforcé encore plus son blocus et la communauté internationale ne semble point intéressée par le sort de plus deux millions d’êtres humains en détresse. Malgré le déséquilibre des rapports de forces militaires entre la résistance palestinienne et l’occupant israélien, un embrasement de la région n’est plus à écarter.
Ghaza
De notre correspondant Farès Chahine
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Author: ElWatan.com

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