Tourisme. À TUI France, la riposte s’organise !

Ce mardi 30 juin se tenait une assemblée générale des travailleuses et travailleurs de l’agence de voyage TUI France, pour s’organiser face au plan de licenciement massif qui prévoit de supprimer 583 emplois. Les salariés étaient 450 lors de cette assemblée virtuelle et ont organisé les suites de la mobilisation. Ils se rassembleront le 7 juillet devant le siège de l’entreprise Levallois.
Un plan de licenciement massif
Avec un mépris total, la direction n’a même pas pris le soin de contacter les salariés pour leur annoncer la suppression de leur poste : ils ont appris leur licenciement dans la presse. Le Secrétaire CGT CSE Lazare Razkallah disait ainsi « c’est un plan social à la Zola, c’est les misérables ». Il s’agit de supprimer un emploi sur 3, ce qui met en danger des familles entières. Le plan proposé aux syndicats la semaine dernière en CSE ne prévoit aucune indemnité de départ en plus de ce qui est prévu par la convention collective. C’est donc des licenciements secs que l’on impose aux salariés, dans un mépris total.
Ce que les salariés ont mis en avant lors de l’assemblée, c’est le fait que le PDG de TUI France Monsieur Van De Velde est actuellement au Maroc ce qui témoigne du mépris qu’il adresse aux salariés. L’ensemble des organisations syndicales se sont accordées sur le fait qu’il était intolérable de discuter avec quelqu’un qui était si éloigné de la réalité des salariés. Les organisations syndicales ont raconté lors de l’assemblée générale leur rendez vous avec le ministère de l’Économie. Ils ont pu y apprendre des faits qui ont scandalisé les salariés, montrant la désinvolture de la direction pour sauver les emplois et l’entreprise. En effet, Van de Velde n’a jamais demandé le prêt garanti par l’Etat, partant du principe que l’entreprise n’était pas éligible. C’est en avançant l’argument de la rentabilité du groupe que l’entreprise a annoncé par la suite 583 licenciements.
Face à « l’incompétence de Van de Velde », le secrétaire CGT Lazare Razkallah a jugé bon de s’adresser à monsieur Bruyninckx, patron de la Western Region Tui, dans une lettre ouverte. En effet, en tant que patron du groupe TUI, il est celui qui décide l’avenir des entreprises et donc des salariés, et qui peut changer la donne à TUI France. En effet, les 1.8 milliards d’euros qu’on alloué les banques allemandes à l’entreprise multinationale n’iront qu’aux groupes éligibles. Pour le groupe français, c’est une centaine de millions d’euros qui ont été lâchés de ce prêt, pour financer ce plan social d’ampleur. Puisque le siège de Tui se trouve à Bruxelles, les salariés ont pu discuter d’une éventuelle action devant le siège de la capitale belge : « si il faut monter à Bruxelles pour secouer le cocotier sur place, on ira ».
Un mépris en continu
Si le plan de licenciements massif vient témoigner de la préoccupation de la direction envers les salariés, lors de l’assemblée générale , les salariés ont pu raconter leurs conditions de travail actuelles qui viennent témoigner du même mépris. En effet, du jour au lendemain, on demande à des salariés de ré-ouvrir les agences qu’ils animent, à des effectifs extrêmement réduits, ce qui soumet les salariés à des cadences infernales. Pendant l’assemblée générale, ils témoignaient : « Tous les collègues qui vont retourner travailler, on va subir. » En effet, le ménage n’ayant pas été fait dans les agences, certains salariés soulignaient « On sait que le virus et la clim ne font pas bon ménage ». C’est donc la boule au ventre que les salariés retournent travailler, en effectif réduit et devant faire face à toutes les angoisses des clients qui voient leur voyage s’annuler. En effet, une salariée explique : « Les décisions qui sont prises aujourd’hui pour les clients, le fait de ne toujours pas savoir si les clients vont partir le 2 juillet ou le 5 juillet, nous dans notre travail on aurait choisi comment faire on l’aurait bien fait, mais la on exécute des ordres ».
Afin de faire mine de se soucier de ses salariés, une cellule psychologique a été mise en place dans l’entreprise. Le problème, c’est que la boîte en charge du soutien psychologique des salariés, est elle même accusée de les maltraiter. En effet, le groupe « PSYA » connaît de multiples plaintes de ces salariés pour pression de leur direction. « On t’enlève ton job et ta vie, et on veut que tu sois rassuré parce que tu peux discuter avec des gens eux-mêmes sous pression, ironisaient les salariés.
Cependant, tout ce dédain ne décourage pas à se battre jusqu’au bout. Un salarié intervenait dans l’assemblée ainsi : « Nous on est au service carnets de voyage, on n’a pas de 13eme mois, on a rien du tout. Pour moi, cette direction, elle nous manque de respect et il faut lui montrer qu’on est la ». Il serait inacceptable de laisser passer de telles attaques sans se mobiliser. Pendant l’assemblée générale, les salariés ont pu organiser les prochains rassemblements prévus, notamment celui du 7 juillet, devant le siège de TUI France à Levallois. Ils ont décidé d’afficher sur chacune de leurs agences, pour ceux qui travaillaient, des tracts permettant d’informer les clients de leur situation. Les salariés ont pu discuter de comment gagner des soutiens extérieurs, comment visibiliser leur lutte au-delà de leurs clients pour faire de leur mobilisation une mobilisation générale contre les licenciements.
« On va pas se laisser faire et on ira jusqu’au bout »
Le sénateur communiste Fabien Gay, en charge du dossier« plan social TUI France » au Sénat et aux Ministères de l’Économie et du Travail, est intervenu dans l’assemblée générale pour apporter son soutien aux salariés. Il a ancré la bataille des salariés de TUI France dans la bataille générale contre les licenciements et les baisses de salaires. En effet, la bataille des salariés de TUI France s’ancre dans un contexte social et économique convulsif : partout, on veut faire payer la crise aux salariés. Des voies commencent à s’élever contre ce plan de misère, comme à TUI France, ou les salariés ont compris qu’ils fallaient s’organiser tous ensemble pour instaurer un rapport de force.
En effet, beaucoup d’interventions lors de l’assemblée allaient dans ce sens : « Évitons de nous diviser pour faire le jeu de la direction, et on ne lâchera rien ».
Lors de l’assemblée générale, le secrétaire syndical, Lazare Razkallah a insisté à plusieurs reprises sur l’importance de la mobilisation des salariés. Il s’exprimait ainsi : « La direction, si elle a que les syndicats en face d’elle au CSE, elle est dans son confort. Alors que si les salariés débordent les syndicats avec des actions et en faisant du bruit, c’est là que la direction a peur. Quand j’ai dit à la direction que les syndicats se faisaient déborder par la base, c’est là qu’ils ont eu peur. Il faut être Gilet Jaune, une poignée de salariés qui a fait peur à la république, qui a fait peur à Macron alors que les syndicats essayaient depuis des années. Il faut se comporter en Gilets Jaunes. ». L’assemblée générale, qui a rassemblée un grand nombre de travailleuses et de travailleurs, est un premier pas pour construire un rapport de force conséquent. Ce que vient souligner ici Lazare Razkallah, c’est que la radicalité des Gilets Jaunes vient bousculer les routines syndicales. On a pu voir ce phénomène de « gilet-jaunisation » dans d’autres secteurs du mouvement ouvrier, à la RATP pendant la grève de cet hiver, ou encore à Derichebourg, sous traitant de l’aéronautique, il y a quelques semaines.
Les salariés de TUI France vont se rassembler le 7 juillet à 11h devant le siège de l’entreprise à Levalois. Le but de ce rassemblement : « faire du bruit » pour montrer à la direction qu’ils ne se laisseront pas marcher dessus. « Pour que la direction n’aie pas le dernier mot, il faut renverser la table », disaient-ils pendant l’assemblée générale. Soyons nombreux pour les soutenir, et montrer que face au plans de misère du gouvernement et du patronat, la réponse ne sera que collective.

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Author: RevolutionPermanente.fr

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