Proche-Orient : Israël assassine le processus de paix

Aujourd’hui, mercredi 1er juillet, pourrait constituer la fin effective d’une vision pacifique du règlement du conflit israélo-palestinien ayant débuté avec la signature des Accords d’Oslo en 1993.
Si le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu s’obstine à annoncer l’annexion de terres palestiniennes de la Cisjordanie, occupée en 1967, comme il l’avait indiqué au mois de mai dernier après la constitution d’un gouvernement d’union nationale, il anéantira de facto toute chance de parvenir à une paix négociée avec les Palestiniens.
A l’exception des Etats-Unis, cette annexion qui comportera la vallée du Jourdain et toutes les colonies israéliennes bâties en Cisjordanie, ce qui représente plus du tiers de ce territoire, est décriée par l’ensemble de la communauté internationale car elle viole le droit international et un nombre incalculable de résolutions de l’ONU.
Lancer le processus d’annexion dès le 1er juillet porte un coup fatal à la solution à deux Etats qui permet aux Palestiniens de bâtir leur Etat indépendant avec Al Qods comme capitale. Il est synonyme d’un retour à la case départ, celle d’avant le lancement du processus de paix en 1993. L’Autorité palestinienne avec toutes ses institutions et ses ministères disparaîtra. Israël sera considérée comme une force occupante dans les territoires palestiniens.
Dans la bande de Ghaza contrôlée par le mouvement Hamas depuis l’été 2007, les factions palestiniennes ont appelé à faire du 1er juillet une journée de colère dans tous les territoires palestiniens, malgré la flambée de cas de contamination par la Covid-19, particulièrement en Cisjordanie occupée.
Si l’on se réfère à une lettre envoyée récemment par l’Autorité palestinienne au quartette international pour la paix au Proche-Orient (Etats-Unis, Russie, ONU et Union européenne), révélée lundi par l’AFP, les Palestiniens restent cependant attachés à une solution négociée du conflit israélo-palestinien.
Journée de colère
La lettre adressée par l’Autorité palestinienne au quartette international propose une alternative au plan présenté par le président américain Donald Trump, baptisé «La transaction du siècle».
Au lieu de régler définitivement le conflit israélo-palestinien, ce plan américain n’a fait qu’exacerber la tension dans la région puisqu’il est en faveur d’Israël, foule aux pieds les droits légitimes du peuple palestinien et viole les résolutions de l’ONU. Dans cette lettre, les Palestiniens se disent prêts à reprendre les négociations avec Israël là où elles se sont arrêtées en 2014.
Dans cette contre-proposition, les Palestiniens disent être prêts à accepter un Etat démilitarisé possédant une forte police pour assurer la sécurité. «Nous sommes prêts à accepter la présence d’une tierce partie mandatée par l’ONU pour (…) s’assurer du respect de l’accord de paix concernant la sécurité et les frontières», ajoute l’Autorité palestinienne dans sa lettre.
Elle se dit également prête à accepter des changements mineurs sur les frontières de 1967, avec échange de terres «d’égal à égal» en termes de «taille et valeur». Les Palestiniens exigent également que la ville sainte d’Al Qods (Jérusalem Est) soit la capitale de leur futur Etat palestiniens indépendant.
L’annexion par Israël de plus du tiers de la Cisjordanie qui devrait débuter dès aujourd’hui, sauf changement de position de dernière minute, rentre dans le cadre du prétendu plan de paix américain rejeté en bloc par les Palestiniens et la majorité de la communauté internationale.
D’ailleurs, dans leur lettre au quartette international, les Palestiniens ont mis en garde qu’en cas d’annexion par Israël de toute partie de la Cisjordanie occupée cela «signifiera nécessairement l’annulation de tous les accords signés».
GhazaDe notre correspondant  Farès Chahine
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Author: ElWatan.com

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