Des journalistes recensent les « victimes invisibles » du COVID-19 dans les régions russes

Les victimes du COVID-19 n’attrapent pas forcément toutes le coronavirus« Nous identifions les personnes qui souffrent indirectement du coronavirus. Nous déterminons quels sont les signes mettant en évidence ce problème. Nous en suivons les évolutions », peut-on lire sur la page d’accueil du site internet Coronavictims.ru.
L’article d’origine a été publié en anglais le 18 mai 2020.
[Sauf mention contraire, tous les liens renvoient vers des pages en russe, ndlt.]
Certain·e·s malades, n’ayant pas pu être conduits à l’hôpital à cause du nombre insuffisant d’ambulances, sont morts de crise cardiaque. D’autres n’ont pas pu obtenir les traitements nécessaires à leurs pathologies ou des greffes d’organes à temps. Il y a celles et ceux qui perdent leur emploi, leur revenu et leur épargne mais également celles et ceux qui se font soutirer de l’argent par des escrocs qui leur font miroiter du matériel de protection ou des remèdes miracles. 
Les voici, les « victimes invisibles » russes du COVID-19, celles qui ont profondément souffert, celles qui ont sombré à cause des importantes conséquences de la pandémie. Selon la carte de l’Université Johns Hopkins [en], plus de 290 000 cas de COVID-19 ont été comptabilisés à ce jour en Russie. Parmi les cas mentionnés, 2 722 ont été mortels. Au cours des dernières semaines, le nombre de contaminations au coronavirus a fortement augmenté [en] avec 8 000 à 11 000 nouveaux cas par jour.
Compte tenu du nombre de victimes dites « visibles », les journalistes russes vont avoir du travail pour établir les causes des événements « invisibles » mentionnés précédemment. De véritables drames se sont produits dans de nombreuses régions en Russie depuis avril 2020. C’est en partant de ce constat qu’un groupe de journalistes et de professionnel·le·s des médias russes a fondé Coronavictims.ru, une plateforme dédiée aux conséquences occultées de la pandémie du COVID-19. Le projet ne tient compte des cas d’infection au COVID-19 que si ceux-ci sont corrélés à des questions sociales et économiques, un aspect non-évoqué de la pandémie, ou à des cas flagrants de négligence de la vie d’autrui résultant de ces questions.
Il est important de noter que Coronavictims.ru ne répertorie ni les cas enregistrés dans les deux plus grandes villes de Russie, Moscou et Saint-Pétersbourg, ni ceux de leurs périphéries. L’équipe compte 20 journalistes réparti·e·s sur l’ensemble du territoire.  Nombre d’entre eux travaillent pour des parutions régionales, et suivent attentivement l’actualité locale dans les journaux et sur les réseaux sociaux afin de mettre en évidence ces cas « invisibles ». Le site internet propose également un formulaire de contact sur lequel les citoyen·ne·s peuvent renseigner d’éventuelles informations concernant l’une de ces « victimes invisibles ». 
Les initiateurs et initiatrices de ce projet espèrent que ces données alimenteront les enquêtes des journalistes, amèneront les militant·e·s à effectuer des actions de sensibilisation, et inciteront les responsables publics et les ONG à élaborer des solutions concrètes pour contrer la pandémie.
Les données sont classées en cinq catégories, par couleur : jaune (incidents pour lesquels on a dénombré cinq cas ou moins), orange (cinq cas ou plus), rouge (dix cas ou plus), cramoisi (100 cas ou plus) et noir. La dernière catégorie, celle dont les conséquences sont les plus sévères, est réservée aux incidents qui, quel que soit leur nombre, ont des conséquences irréversibles et graves. Il s’agit notamment de décès liés à la pandémie de coronavirus mais qui ne sont pas dus à une contamination, de situations de rupture majeure ou de faillites d’entreprise. Ces faits peuvent avoir de graves conséquences sociales, comme l’alcoolisme, la violence domestique, la perte de logement et même le suicide.

Lire aussi : Pendant que la Russie entre en confinement, les féministes craignent une épidémie de violence domestique [fr]

Il convient d’ajouter que puisque tous les faits répertoriés s’appuient sur des données publiques, et que nombre de ces occurrences sociales sont passées sous silence, ils seraient, par conséquent, doublement occultés. La violence domestique, par exemple, reste classée dans la zone jaune. En raison de la nature de ce type de problématique, le public n’entendra probablement jamais parler de tous ces cas, supposant, à tort, que les victimes ont la possibilité de s’exprimer.
Voici deux exemples de cas de la catégorie « zone noire ». L’un d’eux concerne un décès tragique au Bachkortostan, une région située dans les montagnes de l’Oural :
Студент из Стерлитамака Ранэль Шамсутдинов в начале апреля стал жаловаться на головные боли, родные думали, что он нервничает из-за дистанционного обучения. Позже МРТ показало злокачественную опухоль головного мозга. В больнице студента отказались принять из-за карантина по коронавирусу.
Début avril, Raniel Shamsutdinov, un étudiant de Sterlitamak [une ville de la région de Bachkirie, dans l’ouest de la Russie], a commencé à ressentir des maux de tête. Ses parents pensaient qu’il était juste un peu stressé à cause de l’enseignement à distance [mis en place en raison du confinement]. Une IRM révélera plus tard qu’une tumeur maligne s’était formée dans son cerveau. Les services hospitaliers ont alors refusé de l’admettre en raison du confinement lié au coronavirus.
– Enquête de Znak, le 9 mai, repris par Coronavictims.ru
L’exemple suivant renvoie à un lien établi par un média local dans la ville de Tyumen, en Sibérie occidentale.
За указанный период [Февраль-Май 2020 г.] в Тюмени прекратили свою работу 44 магазина одежды, 27 цветочных салонов, 22 кафе, кофеен и кондитерских, 17 детских и подростковых клубов, 10 праздничных агентств
À Tioumen, pendant la période de confinement [entre février et mai 2020], 44 magasins de vêtements, 27 fleuristes, 22 cafés et salons de thé, 17 centres de loisirs pour enfants et adolescents et 10 agences de voyage ont cessé leurs activités.
– Enquête de 72.ru, le 14 mai, repris par Coronavictims.ru
Le journal de Tyumen a signalé que sa rédaction recevait des appels quasi quotidiens d’habitant·e·s déplorant leur incapacité à payer leur loyer.
Dans une plus large mesure, ces phénomènes sont d’autant plus « invisibles » qu’ils se développent dans des régions de Russie où l’accès aux médias indépendants est difficile comparé à des villes comme Moscou ou à Saint-Pétersbourg. De cette manière, l’aspect régional du projet met l’accent sur ces acteurs « invisibles » de l’écosystème médiatique russe. Des médias indépendants de qualité ont d’ailleurs été lancés ces dernières années afin de pallier à cette situation. L’émergence du site coronavictims.ru est le fruit du travail des trois protagonistes suivants: SemNaSem ou « Russie horizontale », Sector Four Media et Gribnica. Comme le souligne la rédactrice en chef de Sector Four Media, Anastasia Sechina, ce type d’organe de presse incarne ce « pas vers la décentralisation de notre Russie uniquement centrée sur Moscou, qui est absolument nécessaire dans tous les domaines et en particulier dans celui du journalisme ».
Sechina, chercheuse et coordinatrice de projet pour Coronavictims.ru, a confié à RuNet Echo ses objectifs ainsi que ceux de ses collègues :
Maxim Edwards (ME) : Comment l’idée de ce projet est-elle née ?
Anastasia Sechina: С коронавирусной повесткой были трудности. С одной стороны, делать что-то, не оставаться в стороны казалось необходимым, с другой стороны – какой слой проблемы ни возьми – про это кто-то уже написал или готовился написать, просто потому что всё без исключения – и федеральные, и региональные медиа – «сидят» сейчас на коронавирусной повестке. Тогда мы стали думать так, как обычно думаем – о чём не говорится, какой слой проблемы мало исследован, какой фокус упускается? И как эти слои и фокусы обнаружить? Таким образом пришла идея мониторинга.
Да, в конечном итоге на сайте есть и пока неочевидные жертвы, и жертвы, которые уже стали очевидными, но это нормально, мы не считаем, что их нужно удалять – просто потому что любая неочевидная проблема может перекочевать из «жёлтой зоны» в любую другую зону. И за время проекта так происходило уже неоднократно. В то же время есть проблемы, по которым острота снижается, и мы это также фиксируем. Например, поначалу было много сигналов о травле заболевших, о мошенничестве на коронавирусе, о проблемах людей, застрявших за границей. Сейчас таких сигналов единицы, зато, например серьёзно увеличилось число сигналов об отсутствии обещанных президентом доплат за работу с коронавирусом и о заражении COVID-19 из-за чужой безответственности или халатности. При этом изначально было много сигналов о проблемах предпринимателей и о том, что люди теряют доходы и работу – и число этих сигналов пока не снижается, каждую неделю их много.
Anastasia Sechina (AS) : Le sujet du coronavirus n’a jamais été facile a traiter. D’une part, il semblait fondamental d’en parler, il était tout à fait impensable d’éviter le sujet. D’autre part, quel que soit l’aspect que vous tentiez d’aborder, quelqu’un avait écrit ou s’apprêtait à écrire sur le sujet. Les médias nationaux et régionaux étaient, tout bonnement et sans emphase aucune, rivés dessus. Nous avons donc commencé à réfléchir, comme à notre habitude, aux problématiques insuffisamment renseignées et aux points omis dans les rapports. Comment pourrions nous lever le voile sur ces autres strates de la société? C’est ainsi qu’est née l’idée d’un projet de veille en ligne.
Nous nous sommes finalement retrouvé·e·s avec des victimes « invisibles » sur notre site mais également avec des victimes dont les problématiques sont désormais « visibles ». Il s’agit là d’une évolution normale, nous ne pensons pas que leurs histoires devraient être effacées. En effet, tout problème invisible peut se déplacer de la « zone jaune » vers la « zone cramoisie », comme cela s’est d’ailleurs produit plus d’une fois. En même temps, il y a aussi des problèmes qui deviennent moins graves, nous essayons aussi de les classer. Par exemple, dans les premiers temps, les cas de harcèlement de patient·e·s, de fraudes liées au coronavirus et de personnes bloquées à l’étranger étaient nombreux. Alors que les chiffres de ce type de cas sont, aujourd’hui, plutôt faibles, de nombreuses critiques émergent au sujet du défaut de versement des primes promises par le président aux soignant·e·s ayant travaillé au contact des patients atteints du coronavirus. Les contaminations au COVID-19 causées par négligence ont, par ailleurs, également augmenté. Depuis le début de l’épidémie, de nombreuses plaintes d’entrepreneur, d’entrepreneuses et d’employé·e·s ayant perdu leurs revenus et leur travail ont été recensées ; ce type de cas continue d’affluer chaque semaine, leur nombre ne diminue toujours pas.
ME : Quelle a été la réaction des journalistes à ce projet ?
AS: Если речь про журналистов из регионов, которые захотели принять участие в проекте, то интерес был довольно высокий. Если речь о том, используют ли другие журналисты наш ресурс сейчас для освещения темы, то мне, к сожалению, ответить на этот вопрос сложно. После того, как мы запустили ресурс, то сделали рассылку по различным федеральным СМИ, межрегиональным СМИ, некоммерческим организациям. Кому-то из редакторов, кого знаю, написала лично. Они среагировали заинтересовано. Но мне пока неизвестно, пригодился ли наш ресурс в результате.
Мы прекрасно понимаем, что если благодаря нашему ресурсу кто-то из журналистов нашёл кейс(ы) или персонажа(ей) для своей публикации, то будет странно писать что-то вроде: «Как рассказала Елена (её я нашёл благодаря сайту coronavictims)…». Мы создали штуку, которая может помочь сориентироваться в повестке, но объективно понимаем, что сложно при этом ожидать цитирования и ссылок на проект.
Сейчас мы готовим инфографику по материалам проекта – возможно, она будет интересна другим журналистам и СМИ сама по себе и число ссылок на проект возрастёт.
AS : Si l’on évoque les journalistes de province qui souhaitent s’impliquer, nous pouvons dire que l’intérêt est considérable. S’il s’agit de l’éventuelle utilisation de nos ressources par les journalistes pour traiter le sujet du COVID-19, c’est un sujet difficile à évaluer. Après le lancement [du site internet], nous avons envoyé des lettres d’information à plusieurs médias nationaux et régionaux ainsi qu’à des ONG. Certain·e·s rédacteurs et rédactrices m’ont contacté personnellement afin de manifester leur sympathie. Cependant, nous ne savons toujours pas si et dans quelle mesure notre projet a été utile.
Nous sommes en mesure de concevoir que même si, grâce à notre projet, un ou une journaliste a repéré un événement ou une concordance pouvant être utile à son reportage, il serait surprenant que cela soit mentionné, par exemple ainsi : «Comme l’a dit Elena (dont j’ai récupéré le témoignage sur le site web coronavictims.ru). Nous avons créé une plateforme aidant chacun à pouvoir mieux décrypter cette actualité chargée, mais il n’est pas forcément très réaliste de nous attendre à ce que le projet soit cité ou à ce que les lecteurs et lectrices soient redirigé·e·s vers notre site . 
En ce moment, nous préparons des infographies basées sur les documents que nous avons compilés. Peut-être intéresseront-elles d’autres journalistes et que les liens vers le site de notre projet seront plus nombreux.
ME : Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle important dans la détection de ces cas, et notamment par rapport aux autres sources d’information ?
AS: С точки зрения технологии очень непросто вести мониторинг социальных сетей, просто потому что проект не предусматривает ресурсов на верификацию сигналов. Мы договорились, что журналисты команды мониторинга включают в результаты мониторинга публикации в соцсетях только в тех случаях, когда они лично знают автора поста и история рассказана от первого лица, а не с чьих-то слов. Но основным источником остаются всё-таки новостные сводки. Важно подчеркнуть, что часто публикации в местных СМИ появляются по мотивам постов в социальных сетях, поэтому в конечном итоге соцсети – важный поставщик сведений. Другое дело, что журналисты проводят верификацию изложенных файлов, в той или иной степени – не всегда, но многие стараются связаться с автором поста, узнать подробности, взять официальные комментарии. Получается, в наши результаты сигнал из соцсетей поступает нередко уже обросший дополнительными подробностями, которые появились благодаря местным журналистам.
При этом мы стремимся оценивать то, насколько проверен тот или иной факт, изложенный в СМИ, и иногда не берём публикацию в результаты мониторинга, если есть сомнения. Но также нередко берём, даже если считаем, что она недостаточно глубоко верифицирована. Задача проекта всё-таки не проверить все публикации, а зафиксировать сигналы о проблеме и увидеть динамику этих сигналов – насколько часто они появляются, то есть – проблема усугубляется или сглаживается. Предположим, что в некой проблеме действительно есть несколько сообщений, где ситуация гиперболизирована, приукрашена или не совсем соответствует действительности, однако в целом такого рода сигналов – десятки, из разных регионов огромной страны. Все эти десятки не могут быть ложью и преувеличением, именно в своей совокупности они говорят о том, что проблема обретает масштаб. Нам важно зафиксировать именно это, и с точки зрения такого подхода мы считаем допустимой некоторую погрешность.
AS : Techniquement parlant, il est plutôt difficile de surveiller l’ensemble des réseaux sociaux. Nous n’avons tout simplement pas les moyens logistiques nécessaires à l’examen de chaque cas que nous rencontrons. Nous nous sommes entendu·e·s pour que les journalistes de l’équipe de veille ne citent que les publications dont ils connaissaient personnellement l’auteur et qui sont racontées à la première personne, c’est-à-dire sans relayer les propos d’une tierce personne. Les enquêtes restent, néanmoins, la principale source de contenu. Il est important de noter que de nombreux articles de médias locaux sont basés sur des publications de réseaux sociaux, ils représentent donc une source majeure. La question de la vérification des sources est primordiale, les journalistes doivent communément, pour ne pas dire toujours, essayer de contacter l’auteur·e de la publication afin de connaître tous les détails et obtenir des citations concordantes. Nos études indiquent que grâce à la collaboration des journalistes locaux, les cas décrits sur les réseaux sociaux sont souvent augmentés d’une multitude de détails significatifs. 
Pour continuer sur la même lignée, nous tenterons aussi d’évaluer dans quelle mesure les médias locaux vérifient leurs sources. En cas de doute, nous ne citons pas l’article dans les résultats des recherches. À certains moments, nous procédons seulement cette manière, bien que nous pensions que ces recoupements pourraient être plus minutieux. Notre projet n’a pas vocation à vérifier le travail derrière chaque publication mais à répertorier les diverses typologies de ces problématiques ainsi que leur dynamique. [Nous renseignons] la fréquence à laquelle les événements surviennent et si la situation se détériore ou s’améliore. Imaginez-vous tomber à plusieurs reprises sur des faits exagérés, embellis ou même tronqués. Des dizaines de cas comme celui-ci se sont répétés dans plusieurs régions de ce vaste pays. La racine du problème reste cependant réelle et le cumul de ces témoignages démontrent la progression d’un véritable problème. C’est précisément ce que nous essayons de repérer. Conformément à notre vision des choses, nous considérons qu’une certaine marge d’erreur [dans le recoupement d’informations] est acceptable.
ME : Comment décririez-vous la réaction actuelle de la société russe face à ces « problèmes invisibles »?
AS: Я бы сказала, что соразмерность проблемы коронавируса как такового и проблем, которые возникают из-за борьбы с коронавирусом, осмысливается. Два главных вопроса, которые появляются на повестке: насколько правильно то, что мы так серьёзно «уронили» малый и средний бизнес и насколько правильно то, что мы так серьёзно перестраиваем систему оказания медицинской помощи на оказание помощи людям с коронавирусом, если из-за этого страдают люди с другими заболеваниями (например, онкобольные, диабетики)? Рядовые граждане, журналисты, правозащитники задаются вопросами: насколько непродуманными были принятые меры, можно ли было поступить иначе, что можно сделать сейчас, чтобы скорректировать ситуацию? Мне сложно утверждать, я лишь надеюсь, что наш проект играет какую-то роль в этом осмыслении.
AS: Je dirais que l’ampleur du danger que représente le coronavirus est largement établie et que ses conséquences à long terme y seront promotionnelles. Il y a deux questions cruciales présentes dans tous les esprits. Premièrement, est-il acceptable d’abandonner à leur sort les petites et moyennes entreprises? Deuxièmement, est-il convenable de consacrer l’ensemble d’un système de santé au soin des malades du coronavirus si cela signifie que tous les autres patient·e·s (les personnes atteintes du cancer ou les diabétiques par exemple) soient sacrifié·e·s ? Les simples citoyen·ne·s, les journalistes et les défenseurs des droits humains se demandent comment ces mesurent peuvent avoir été si mal anticipées. Qu’est-ce qui aurait pu être fait différemment ? Comment corriger le tir à présent ? Il est difficile de répondre à ces questions. J’espère simplement que notre projet aidera à la résolution de ces problèmes.
Anastasia Sechina et ses collègues avaient initialement prévu de rassembler des données jusqu’au 17 mai, mais ont désormais suffisamment de ressources pour poursuivre le projet jusqu’au 18 juin. L’équipe espère que [le site internet] coronavictims.ru perdurera le plus longtemps possible. Au cours des semaines à venir, les noms et situations d’autres victimes « invisibles » vont s’ajouter à leur base de données au fur et à mesure. 
Ecrit par Maxim Edwards Traduit par Louise Sere · · Voir l’article d’origine [en] · commentaires (0) Faire un don
· Partager: twitter facebook reddit

Read on source website...