Pandémie de Coronavirus : En Afrique, les mesures se durcissent partout

L’Afrique intensifie ses efforts pour enrayer la propagation du coronavirus. Les restrictions varient d’un pays à l’autre du continent africain, où plus de 5300 cas et plus de 170 morts ont été recensés officiellement.
Le Nigeria, l’Afrique du Sud ou encore la Tunisie et le Rwanda appliquent radicalement le confinement. L’Ouganda est également entré en confinement mardi matin, le président Yoweri Museveni ayant décrété la veille un arrêt immédiat de toute circulation de véhicules et un couvre-feu nocturne.
D’autres pays comme le Kenya, le Sénégal et la Côte d’Ivoire ont opté pour des mesures moins strictes, état d’urgence et couvre-feu, tout comme la Guinée (20 cas), où les déplacements de Conakry vers l’intérieur du pays viennent en outre d’être interdits.
Au Congo-Brazzaville, qui se prépare lui aussi au confinement à partir de 20h00, les habitants de la capitale se ruaient mardi vers les supermarchés et boulangeries pour faire des provisions, mais aussi vers les gares routières pour rejoindre leurs villages.
L’application de telles mesures s’accompagne parfois de violences policières, comme en Afrique du Sud, où la ministre de la Défense Nosiviwe Mapisa-Nqakula a «condamné» lundi les «abus» commis sur des civils par des soldats, révélées par des vidéos circulant sur les réseaux sociaux. Quelque 3000 militaires ont été déployés pour faire respecter ce confinement total dans ce pays qui compte jusque-là le plus grand nombre déclaré de contaminations avec 1326 cas et trois morts.
L’Angola a été placé lundi sous le régime de l’état d’urgence qui limite considérablement les déplacements, cela point que les gens ne peuvent plus se ravitailler.
La progression du virus reste certes plus lente en Afrique que dans le reste du monde, et, lundi, le continent comptait encore six pays officiellement épargnés sur 54 – Soudan du Sud, Burundi, Sao Tomé et Principe, Malawi, Lesotho et Comores. Mais les experts ont à plusieurs reprises mis en garde contre la vulnérabilité de l’Afrique, déjà confrontée à de nombreux conflits, des systèmes sanitaires médiocres, des hôpitaux sous-équipés et des bidonvilles surpeuplés comme bombe à retardement potentielle.
En Centrafrique, pays classé parmi les plus pauvres au monde et ravagé par un conflit depuis 2013, il n’existe que trois ventilateurs pour une population de 4,7 millions d’habitants, selon l’ONG Norvegian Refugee Council (NRC) citée par l’AFP. «Le Covid-19 pourrait se propager de manière fulgurante en Centrafrique si le pays ne reçoit pas l’aide nécessaire pour se protéger du virus», estime David Manan, directeur pays du NRC, où seules six personnes ont été testées positives pour le moment.
 
 
Pour le CICR, le challenge est périlleux
Le directeur régional pour l’Afrique du Comité international de la Croix rouge (CICR), Patrick Youssef, a indiqué mardi que l’organisation humanitaire est désormais en course contre la montre pour freiner la propagation du Covid-19 en Afrique, laquelle ne sera pas sans conséquences sur la vie socio-économique des populations. «Nous sommes dans une course contre la montre pour freiner la propagation du Covid-19», a-t-il souligné dans une déclaration rendue publique, reconnaissant, toutefois, que le challenge s’avère périlleux et qu’il s’inscrit surtout dans la durée dans certains pays d’Afrique. La mission s’avère particulièrement complexe, selon M. Patrick, dans des pays à l’image du Tchad, de Bukina-Faso et du Mali où les guerres en vigueur ne facilitent pas la tâche pour le CICR. La prise en charge des populations devient de plus en plus difficile du fait que les terroristes prennent pour cible souvent les structures sanitaires et le personnel médical. Or, les structures de santé peinent déjà à prendre en charge des pathologies communes comme le paludisme ou la rougeole.
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Author: ElWatan.com

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