Corruption à l’OAIC …

… Un inspecteur de l’OIAC témoigne au Conseil de sécurité de l’ONU au sujet de la manipulation des rapports concernant les « attaques chimiques ».
Par Moon of Alabama − Le 21 janvier 2020
Cela fait longtemps que nous prétendons que l’attaque chimique présumée du 7 avril 2018, à Douma en Syrie, était un coup monté par les djihadistes peu avant leur expulsion de cette banlieue de Damas.
A la fin de l’année dernière, des documents ont été divulgués et un lanceur d’alerte de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) a prouvé que ses responsables avaient manipulé le rapport que leur personnel avait rédigé sur l’incident. Les inspecteurs de l’OIAC qui avaient enquêté sur le terrain à Douma ont observé des indices montrant qu’une attaque chimique avait eu lieu. Mais les personnes mortes vues dans les vidéos de l’attaque présumée ont dû mourir d’autres causes. Les bidons jaunes trouvés sur les lieux de l’attaque présumée n’ont pas été largués par hélicoptères mais clairement placés là par une main humaine.

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En utilisant la formule Arria, une procédure pour faire témoigner des témoins au Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie et la Chine ont invité d’autres membres des Nations unies à écouter le témoignage de l’inspecteur de l’OIAC, Ian Henderson. Celui-ci a dénoncé le rapport final manipulé que la direction de l’OIAC avait publié. Henderson, un ingénieur sud-africain, était chef d’équipe à l’OIAC où il travaillait depuis plus de douze ans.
Le témoignage d’Henderson peut être visionné ici. Philip Watson a transcrit son discours :
Je tiens à préciser d’emblée que je ne suis pas un lanceur d’alerte. Je n’aime pas ce terme. Je suis un ancien spécialiste de l’OIAC qui a des préoccupations sur de nombreux sujets et je considère que c’est un forum légitime et approprié pour expliquer à nouveau ces préoccupations.

Deuxièmement, je dois souligner que je tiens l’OIAC en très haute estime. Ainsi que le professionnalisme des membres du personnel qui y travaillent.
Toutefois, mon interrogation porte sur certaines pratiques de gestion spécifiques dans certaines missions sensibles. Cette préoccupation concerne, bien sûr, l’investigation faite par la Fact Finding Mission [Mission de recherche des faits] (FFM) dans la supposée attaque chimique à Douma le 7 avril. Mon souci, qui est partagé par un certain nombre d’autres inspecteurs, concerne le blocage par la hiérarchie qui a suivi cette enquête et les pratiques utilisées pour l’analyse et la compilation ultérieures du rapport final.

Deux équipes ont été déployées. Une équipe, que j’ai rejointe peu après le début des activités sur le terrain, s’est rendue à Douma en Syrie, l’autre a été déployée dans un pays X. La principale préoccupation concerne l’annonce, le 18 juillet, d’un nouveau concept, la soi-disant FFM Core Team, qui a essentiellement entraîné le licenciement de tous les inspecteurs qui faisaient partie de l’équipe déployée à Douma et qui avaient assuré le suivi de leurs conclusions et analyses.

Les conclusions du rapport final de la FFM Core Team étaient contradictoires et représentaient un revirement complet par rapport à ce que l’équipe avait compris collectivement. Pendant et après les déploiements à Douma et au moment de la publication du rapport intérimaire en juillet 2018, notre conclusion était que nous avions de sérieux doutes qu’une attaque chimique ait eu lieu.

C’est ce que le rapport final de la FFM n’indique pas clairement et il ne reflète donc pas les opinions des membres de l’équipe qui ont été déployés à Douma. (Dans ce cas, je ne peux vraiment parler que pour moi-même à ce stade). Le rapport n’a pas précisé quels nouveaux résultats, faits, informations, données ou analyses dans les domaines des témoignages, des études toxicologiques, des analyses chimiques, de l’ingénierie et/ou des études balistiques avaient permis de renverser complètement la situation par rapport à ce que la majorité de l’équipe pensait en juillet 2018.

Personnellement, j’ai continué six mois d’études techniques et balistiques supplémentaires sur ces cylindres. Les résultats de ces études ont confirmé l’opinion disant qu’il n’y avait pas eu d’attaque chimique. Nous (équipe Douma FFM) pensons que ce problème doit être résolu de manière adéquate, grâce aux rigueurs de la science et de l’ingénierie.

Dans ma situation, il ne s’agit pas d’un débat politique. Je suis tout à fait conscient qu’il y a un débat politique autour de cette question.
Pour conclure, je voudrais dire que j’ai également été le chef de l’équipe d’inspection qui a mis au point et lancé les inspections, des inspections très intrusives, du centre Barzah [Centre d’études et de recherches scientifiques], situé en dehors de Damas. Et j’ai effectué les inspections et rédigé les rapports des deux inspections précédentes et de l’inspection qui a suivi la destruction de l’installation chimique, ou du complexe de laboratoires du SSRC de Barzah, par une frappe des missiles. Mais c’est une toute autre histoire et je vais maintenant conclure.
Le SSRC de Barzah a été détruit lors d’une attaque à grande échelle de missiles américains peu après l’incident de Douma. Il s’agissait d’une institution civile qui s’occupait de recherche agricole et médicale. Aucune substance interdite n’y a été trouvée lors des inspections intrusives de l’OIAC avant et après l’attaque américaine.
Le centre de recherche de Barzah avant et après l’attaque étasunienneAgrandir
Dans ses remarques finales au Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vassily Nebenzia, a déclaré :
Les discussions d’aujourd’hui révèlent clairement que quelque chose de louche se prépare au sein de l’OIAC. Lorsque nous le pointons du doigt, nos collègues nous disent à chaque fois que l’OIAC, lauréat du prix Nobel de la paix 2013, est la référence en matière de professionnalisme, d’intégrité et d’impartialité. Nous aimerions qu’il en soit ainsi et nous avons adopté un PRST en novembre 2019 qui vise exactement à cela.

Malheureusement, l’impartialité et l’intégrité de l’OIAC sont sérieusement remises en question, et pas seulement par nous et d’autres États membres, comme l’a montré la présentation d’aujourd’hui. Les membres de la “Fondation du Courage” peuvent difficilement être qualifiés d'”agents russes”. Il s’agit de personnalités réputées, parmi lesquelles figurent des gens tels que José Bustani, premier directeur général de l’OIAC, des membres respectables de la communauté universitaire, d’anciens hauts fonctionnaires des services de renseignement américains et britanniques, et des noms tels que Noam Chomsky et Oliver Stone, pour n’en citer que quelques-uns. (On vous a remis une copie de leur lettre et des documents connexes). 

Pourquoi certains de nos collègues défendent-ils avec autant de véhémence les rapports de l’OIAC, que certains pensent avoir été montés de toutes pièces ? Parce que tout doute sur les conclusions de ces incidents chimiques conduirait à remettre en cause l’opportunité et la légitimité des attaques de missiles, déjà illégitimes, contre un État souverain membre des Nations unies. Dans cette optique, l’incident de Douma joue un rôle clé. Parce que s’il s’avère que le rapport de la mission d’enquête conjointe a été trafiqué, cela conduirait à remettre en question des épisodes antérieurs comme celui de Khan-Shaykhun et d’autres, qui ont entraîné la fin du [mécanisme d’enquête conjoint]. …

Notre collègue du Viêt Nam a demandé ce qu’il fallait faire ensuite, quelles étaient les étapes à franchir. Je pense que cette question doit être discutée à l’OIAC. Les questions et les problèmes légitimes auxquels les États membres sont confrontés doivent être abordés et discutés. Il faut répondre à la question de savoir pourquoi le premier rapport de la mission de l’OIAC a été mis de côté dès le départ, puis a disparu et a été détruit. Jusqu’à présent, on nous a refusé – à nous et aux autres États membres – une telle explication.
Les vidéos prises à Douma au moment de l’incident montraient une trentaine de cadavres. La plupart étaient des enfants. On ignore jusqu’à présent qui ils étaient et qui les avait assassinés. La manipulation par l’OIAC des rapports originaux des conclusions de ses inspecteurs est une couverture pour ce crime énorme.
La manipulation de l’enquête sur l’attentat de Douma par la direction de l’OIAC soulève également des doutes sur d’autres enquêtes, comme l’affaire Skripal en Grande-Bretagne, dans laquelle l’OIAC était impliquée. L’OIAC doit dire la vérité. Elle doit licencier les dirigeants qui ont été impliqués dans la manipulation des rapports sur Douma. Les autres affaires dans lesquelles l’OIAC était impliquée doivent faire l’objet d’une nouvelle enquête.
Moon of Alabama
Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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