Le culte gauchiste contre le culte de Trump : Similitudes et différences

Par Brandon Smith − Le 31 décembre 2019 − Source Alt-Market.com

La démagogie politique est une arme précieuse et efficace dans l’arsenal des élites de l’establishment. Tant qu’il existe une large division idéologique entre les groupes de la société, les préjugés et les désirs peuvent être exploités et manipulés. Cela permet à ceux qui sont au pouvoir de diriger de vastes portions du public dans une voie ou une autre. Lorsque la peur d’un ennemi et la volonté de « gagner » deviennent plus importantes que la vérité et les preuves, la population a déjà noué ses propres ficelles de marionnettes et les a confiées aux spin doctors.

C’est pourquoi le faux paradigme Gauche/Droite a été si utile à l’establishment pendant si longtemps. Chaque fois que le public commence à s’éveiller au contrôle du Web, tout ce que les élites ont à faire est de pousser l’un ou les deux côtés du spectre politique vers l’extrémisme et de laisser le peuple se déchirer au lieu de prendre leurs torches et leurs fourches et de démolir l’oligarchie. Cette méthode de division et de diversion occupe les masses et leur donne l’impression d’accomplir quelque chose alors qu’en réalité elles n’accomplissent rien.
Comme Carroll Quigley, initié globaliste et mentor de Bill Clinton, l’a admis dans son livre « Tragedy And Hope » :
L’argument selon lequel les deux partis devraient représenter des idéaux et des politiques opposés, l’un, peut-être, de droite et l’autre de gauche, est une idée stupide, acceptable seulement par les penseurs doctrinaires et académiques. Au lieu de cela, les deux partis devraient être presque identiques, de sorte que le peuple américain puisse « jeter les coquins dehors » à n’importe quelle élection sans entraîner de changements profonds ou étendus dans la politique… Il devrait alors être possible de remplacer le gouvernement, tous les quatre ans si nécessaire, par l’autre parti qui ne sera rien de tout cela mais qui poursuivra toujours, avec une nouvelle vigueur, approximativement les mêmes politiques de base.
La fausse tactique Gauche/Droite a été de plus en plus exposée au grand public au cours de la dernière décennie, et les élites ont donc dû changer leurs méthodes pour s’adapter à la prise de conscience croissante. Les conservateurs en particulier ont commencé à quitter la plantation, et il fallait faire quelque chose pour les faire revenir. Le mouvement pour la liberté est devenu une force dans la vie occidentale avec des dizaines de millions de membres. C’est un élément imprévisible que l’establishment doit verrouiller et réorienter s’il espère un jour atteindre son objectif d’un « nouvel ordre mondial ».
Les élites ont utilisé deux stratégies en tandem dans cet effort :
D’abord, elles ont poussé l’endoctrinement gauchiste vers un culte à part entière.
Deuxièmement, elles ont tenté de coopter le leadership des conservateurs et du mouvement de la liberté en utilisant une figure de marionnette politique afin de bloquer notre énergie et notre élan.
La culture gauchiste est devenue de plus en plus erratique et déséquilibrée (encore plus que d’habitude), alimentée par des éléments d’un nouveau fanatisme de justice sociale ; une sorte de ferveur religieuse où la foi dans les gardiens idéologiques est plus importante que les faits. La majorité de la gauche, bien qu’elle ne fasse pas nécessairement partie de cette religion « éveillée », est encore influencée par la rhétorique des SJW. Des notions délirantes de « patriarcat », de « racisme inhérent » et de « sexisme inhérent » sont aujourd’hui tissées dans l’esprit des Démocrates. Ils voient l’oppression partout, et le statut de groupe de victimes est devenu la monnaie sociale qu’ils utilisent pour s’acclimater à un monde imaginaire où les gouvernements étendus et les droits sont les solutions à tous les maux du monde.
Le côté conservateur de la civilisation ne participe pas aux fantasmes d’oppression de la gauche. Nous ne parlons même pas le même langage, car le vocabulaire même de la gauche s’est transformé en un langage de bavardage académique qu’ils ont simplement inventé pour décrire des dynamiques sociales qui n’existent pas et des politiques de genre qui sont biologiquement et scientifiquement absurdes. Il est devenu presque impossible de se réconcilier avec les gauchistes de manière significative, et la peur de leur fanatisme pousse les conservateurs à supposer que tout ce que ces gens détestent doit être bon.
Entrée maintenant de Donald Trump, une sorte de machine à point focal créée artificiellement, une figure conçue pour absorber les points de discussion du mouvement pour la liberté et les régurgiter ensuite dans une flaque de soupe de mots sur Twitter. Cette rhétorique est relativement efficace dans la mesure où de nombreux conservateurs reconnaissent certaines parties de la soupe et trouvent un réconfort dans le fait que Trump « doit être de leur côté ».
J’ai décrit dans de nombreux articles les antécédents et le comportement et l’entourage douteux de Trump. Pour résumer, nous entendons souvent Trump parler d’anti-globalisme et d’anti-élitisme, même s’il est indéniable qu’il a saturé son cabinet de globalistes et d’élitistes.
Nous avons entendu des arguments anti-banquiers de la part de Trump pendant sa campagne, même si Trump a une relation de longue date avec la famille Rothschild et travaille côte à côte avec les banquiers Rothschild et Goldman Sachs à la Maison Blanche. Nous avons entendu beaucoup de discussions anti-Réserve Fédérale de la part de M. Trump et des observations selon lesquelles l’économie actuelle est une bulle explosive créée par eux ; pourtant, il exige maintenant ouvertement que la Fed gonfle davantage la bulle alors qu’il s’attribue tout le mérite de la hausse boursière pourtant créée de toute pièce. Nous avons également entendu de nombreuses promesses que les troupes américaines rentreraient au pays et que les longues guerres au Moyen-Orient prendraient fin pour l’Amérique ; cela ne s’est pas produit et ne se produira probablement pas, car les tensions avec l’Iran continuent de s’accroître.
En d’autres termes, Trump est une marionnette, un robot, un faux conservateur et un faux prophète du mouvement de la liberté. Il nous dit ce que nous voulons entendre alors que ses actions disent quelque chose d’entièrement différent. Pourtant, beaucoup de conservateurs l’écoutent encore, parce qu’ils méprisent la religion collectiviste gauchiste, ils veulent désespérément la reconnaissance et la représentation du courant dominant, et parce qu’ils veulent croire qu’il y a un chevalier blanc à Washington qui défend leurs intérêts et leur avenir.
L’establishment comprend ces désirs et les exploite. Ils comprennent que plus la gauche devient extrême, plus les conservateurs seront tentés de sauter aveuglément dans le train Trump.
Les grands médias comme CNN se sont mis récemment à qualifier la base électorale de Trump de « secte », ce qui est bien sûr celui qui voit la paille dans l’œil de l’autre mais qui ne voit pas la poutre dans le sien ; mais cela ne veut pas dire que l’accusation est fausse. La base de Trump agit en effet de plus en plus comme une secte, mais surtout en réaction au culte des gauchistes. Plus la gauche est folle, plus Trump devient un héros populaire à droite. Plus les médias font la promotion d’absurdités fabriquées par les Russes ou de récits de conspiration en Ukraine, plus les conservateurs supposent que l’establishment « essaie de faire tomber » Trump.
C’est une psychologie inversée plutôt rudimentaire – Si les médias de l’establishment attaquent Trump, alors il doit être « anti-establishment ». Si les gauchistes détestent Trump, alors il doit être bon pour les conservateurs. Rien n’est plus éloigné de la vérité, mais si quelqu’un le souligne, il sera immédiatement attaqué en tant qu’agent de désinformation et fournisseur d’éléments de langage pour CNN.
Un argument commun pour défendre Trump est d’ignorer complètement ses associations et son comportement et de se concentrer plutôt sur le cirque des médias dominants qui l’entoure. Les gens déclarent avec indignation que :
« Trump est attaqué ! Ils essaient de le mettre en accusation ! Comment peut-il travailler avec les globalistes s’ils essaient de se débarrasser de lui… »
Je souligne que le théâtre politique a une utilité qui va bien au-delà de la simple tentative de destitution d’un président. Encore une fois, les médias ont violemment attaqué M. Trump pendant sa campagne électorale, mais si l’on comprend que la confiance du public dans les grands médias s’est effondrée au cours des dix dernières années, alors on comprend aussi que les attaques médiatiques contre M. Trump ne feraient qu’inciter davantage de gens à l’aimer et à voter pour lui. La question doit alors être posée : Est-ce que l’establishment comprend cette relation inverse dans la psychologie publique ? Ou l’ont-ils complètement ignorée ?
Je doute sérieusement qu’ils l’aient négligée.
Si c’est le cas, alors la rage écumante de la gauche contre Trump, bien que partiellement réelle, est aussi une guerre de 4ème génération conçue pour tromper les conservateurs et les amener à développer leur propre fantasme comme un culte selon lequel Trump est notre leader intrépide qui mène le bon combat, même si sa présidence est étroitement liée aux élitistes globalistes. La mise en accusation elle-même survient à un moment où une grande partie du mouvement pour la liberté prend conscience de l’escroquerie Trump et remet en question beaucoup de ses activités et associations.
L’establishment a déployé beaucoup d’efforts pour créer le cirque de Trump contre la gauche, et il déteste vraiment l’idée qu’un certain nombre de personnes refusent de choisir un camp. Pour eux, il n’y a rien de pire que les libres penseurs qui organisent leur propre camp en dehors du faux paradigme.
La mise en accusation, comme le Russiagate, n’est pas conçue pour éjecter Trump de son poste. C’est une tentative de ramener les conservateurs épris de liberté dans le giron de Trump, pour nous garder prévisibles et sous contrôle. C’est également conçu pour que les gauchistes se sentent justifiés dans leur folie. Rappelez-vous, plus la gauche agit de façon folle, plus les conservateurs deviennent craintifs et malléables.
L’establishment aime Trump là où il est, et il n’ira nulle part, du moins pas avant d’avoir complètement servi son but. Que ce soit dans la prochaine année ou dans quatre ans, c’est difficile à dire pour l’instant. Il est évident que les élites doivent maintenir le spectacle du combat gauche/droite à son plein volume jusqu’à ce qu’elles aient fini d’utiliser Trump comme distraction. Ils l’ »attaqueront » aussi souvent que nécessaire pour créer l’illusion qu’il est anti-establishment, et Trump continuera à jouer le jeu pour plaire à ses maîtres, dont beaucoup se tiennent au-dessus de son épaule tous les jours à la Maison Blanche.
Le culte de la gauche et le culte de Trump sont similaires dans leur refus d’accepter les faits et la réalité, ainsi que dans leur capacité à doubler et tripler les illusions qui sont constamment démystifiées.
J’ai vu des fans de Trump rejeter toutes les preuves flagrantes de la collusion de Trump avec les globalistes sous prétexte qu’il « garde ses ennemis près de lui ».  Je les ai vus ignorer son soutien aux lois sur les armes à feu de type Red Flag, son refus de retirer les forces américaines de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan et du Yémen, son hostilité envers l’Iran, son soutien aux gouvernements totalitaires comme l’Arabie Saoudite, etc.  Ils appellent cela « un jeu d’échecs puissance 4 » et passent simplement à autre chose. Je les ai vus ignorer des données sans fin montrant le déclin économique et proclamer plutôt un « boom économique ». Je les ai vus complètement absorbés et distraits par la guerre commerciale et la Chine, tout en oubliant les élites bancaires qui sont à l’origine de la plupart des calamités dans notre société.
Ils agissent de cette façon parce qu’ils ont peur. La gauche politique les effraie, ils cherchent un héros pour les sauver et ils sont prêts à ignorer presque n’importe quel squelette dans le placard de Trump afin de rendre leur version fantaisiste de lui réelle. Mais les gauchistes ne sont rien d’autre qu’un symptôme – Ce sont des idiots utiles, pas la source de la maladie. Et Trump n’est pas le héros que les conservateurs recherchent de toute façon. En termes de mouvement pour la liberté, Trump n’est pas pertinent. Il est une note de bas de page. Le vrai travail est fait par des millions de militants qui brisent des décennies de propagande et exposent la vérité.
La différence entre le culte gauchiste et le culte trumpiste est surtout une question d’intention : Les gauchistes doublent et triplent leurs mensonges parce qu’ils s’entichent du pouvoir collectif et qu’ils voient la vérité comme un obstacle au « plus grand bien ». Le culte trumpiste ignore les faits et les preuves sur Trump parce qu’ils sont hyperfocalisés sur la défense collective. Les gauchistes cherchent à microgérer les pensées et les comportements du monde tandis que les conservateurs cherchent à solidifier suffisamment de protection politique pour s’assurer qu’on les laisse tranquilles. Le culte gauchiste veut tout brûler, effacer l’histoire et reconstruire le monde à son image. La secte de Trump essaie de maintenir en vie les dernières structures de l’héritage américain ; ils ont simplement mis leur foi dans le mauvais champion.
La triste réalité est que les gauchistes et les conservateurs sont probablement beaucoup trop étrangers les uns aux autres maintenant pour arriver à une solution diplomatique. La division dans la société est très réelle ; c’est la division au sommet qui est le théâtre Kabuki. Le mouvement pour la liberté est la clé de tout, car nous sommes la cible constante de la propagande de 4ème génération initié  par l’establishment. Si nous n’avions pas d’importance, alors les élites ne dépenseraient pas autant de temps, d’argent et d’énergie à essayer de nous garder dans le rang. Elles ont besoin que nous participions à leur jeu de dupe, sinon nous devenons un élément inconnu, une tierce partie, une bombe à retardement qui pourrait exploser inopinément sur elles à tout moment.
Brandon Smith
Traduit par Hervé, relu par Marcel pour le Saker Francophone

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