Le parquet national financier ouvre une enquête préliminaire visant Ségolène Royal

Selon la cellule investigation de Radio France, de source judiciaire, le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête préliminaire visant Ségolène Royal et ses activités comme ambassadrice des pôles, à la suite de l’enquête de la même cellule, le 15 novembre dernier.  
Sur son compte Twitter, le journaliste de Radio France Sylvain Tronchet a expliqué que les enquêteurs seraient «chargés de vérifier l’usage que l’ambassadrice des pôles a fait des moyens mis à sa disposition par le Quai d’Orsay, et s’ils ont pu être détournés à son profit.»
Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire visant Ségolène Royal. Les enquêteurs sont chargés de vérifier l’usage que l’ambassadrice des pôles a fait des moyens mis à sa disposition par le Quai d’Orsay, et s’ils ont pu être détournés à son profit.— Sylvain Tronchet (@SylvainTronchet) January 15, 2020
«Je comprends par cette lettre que le président de la République va mettre fin à mes fonctions»
Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle de 2007, a par ailleurs reçu le 7 janvier de la part des deux secrétaire généraux du Quai d’Orsay un courrier, évoqué par le Canard enchaîné, lui rappelant son «devoir de réserve» et l’invitant à mettre fin à ses fonctions d’ambassadrice des pôles : «Il est envisagé de mettre fin à vos fonctions au regard de vos récentes prises de parole publiques, qui mettent en cause la politique du gouvernement à la mise en œuvre de laquelle, en votre qualité d’ambassadrice […] vous êtes étroitement associée.» 
Le courrier poursuit en précisant qu’«un prochain Conseil des ministres pourrait examiner le projet de décret mettant fin à [ses] fonctions d’ambassadrice». Ségolène Royal a pris les devants en annonçant cette nouvelle dès le 14 janvier sur son profil Facebook et en déclarant : «Je comprends par cette lettre que le président de la République va mettre fin à mes fonctions à un prochain Conseil des ministres puisque je n’ai pas l’intention de renoncer à ma liberté d’opinion et d’expression garantis par la Constitution. J’en prends acte.»

L’hebdomadaire satirique fait état d’une «convocation» de Ségolène Royal au Quai d’Orsay pour un «entretien préalable» à un licenciement. Mais l’intéressée a déjà fait sa religion sur le sujet : «Je ne suis pas convoquée car le licenciement de cette mission bénévole sur les pôles a déjà eu lieu, sans entretien préalable, comme indiqué dans la lettre.»
De Twitter à différentes interviews, la brouille entre l’exécutif et l’ancien ministre de l’Environnement remonte à plusieurs semaines, Ségolène Royal ayant émis des critiques virulentes à propos de la politique sociale du gouvernement, jusqu’à évoquer «l’ego machiste» de l’exécutif et le «sentiment d’abandon réel» des Français vis-à-vis des réformes.

Des députés UDI et LREM avaient déjà accusé l’ambassadrice bénévole d’utiliser l’enveloppe allouée pour ses frais d’ambassadrice à des fins personnelles, par exemple pour la promotion de son livre. Le 10 janvier, c’est le ministre de la Transition écologique et des Transports, Elisabeth Borne, qui a relevé que Ségolène Royal critiquait «le gouvernement très fortement depuis quelques semaines», avant de s’interroger :  «Est-ce que c’est bien compatible avec un poste d’ambassadeur qui appelle une certaine réserve ? On peut se demander.»
Daniel Cohn-Bendit, proche du président de la République, est également intervenu en évoquant une «vengeance» de la part de la candidate malheureuse : «Elle est gonflée. Elle en veut à Macron parce qu’il ne l’a pas proposée comme commissaire de la France à la Commission européenne.»
Ce 15 janvier, c’est le ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui déclare au micro de Franceinfo : «Quand on est nommé ambassadeur, on a un devoir de réserve […] Ce n’est pas compatible.»
Ségolène Royal : “Quand on est nommé ambassadeur, on a un devoir de réserve”, a déclaré la ministre du Travail Muriel Pénicaud dans le 8h30 de franceinfo pic.twitter.com/tHShIGYZ5r— franceinfo (@franceinfo) January 15, 2020
La journaliste Arlette Chabot estime quant à elle, sur Sud Radio, qu’il s’agirait d’une forme d’aubaine pour Ségolène Royal : «Elle est très contente d’être virée. C’est un véritable cadeau pour elle qui gagne le titre d’opposante au pouvoir actuel. Elle est en piste pour 2022.»
[#EditoPolitique] Arlette Chabot : “#SegoleneRoyal est tout sauf naïve : elle est très contente d’être virée. C’est un véritable cadeau pour elle qui gagne le titre d’opposante au pouvoir actuel. Elle est en piste pour 2022” #GRandMatinSudRadio▶️ https://t.co/PN1jCvzmTV— Sud Radio (@SudRadio) January 15, 2020
Lire aussi : Comités Théodule : l’affaire des frais de mission de Ségolène Royal, la marque de l’ancien monde

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Author: francais.RT.com

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