Algérie : L’Armée siffle la fin de la récré

Le 37e vendredi du hirak en Algérie qui a coïncidé avec le 65e anniversaire du déclenchement de la guerre de libération a été marqué d’une pierre noire mais surtout par le durcissement du ton du pouvoir face à une marée humaine de manifestants. A ces derniers qui rejettent l’organisation des élections présidentielle du 12 décembre prochain car ils en devinent le résultat ficelé d’avance, Gaïd Salah, par la voix du président par intérim Abdelkader Bensalah, leur a signifié que, coûte que coûte, à cette date, il y aura bien une présidentielle. Autrement dit, l’armée, après plusieurs semaines de relative inertie, décide subitement de passer en force et à la force. Un changement de position brusque et brutal qui ne peut avoir lieu sans des garanties données par des capitales occidentales ayant de gros intérêts en Algérie…
En effet, « l’autorité électorale algérienne a annoncé samedi avoir validé les dossiers de cinq candidats à l’élection présidentielle prévue le 12 décembre. Au total, 23 candidats avaient déposé leur dossier en vue de participer à ce scrutin destiné à trouver un successeur à Abdelaziz Bouteflika forcé à la démission début avril, après vingt ans au pouvoir », a précisé le président de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, lors d’une conférence de presse à Alger. Cette instance a retenu 5 candidats sur 23 pour cette élection et il ne reste plus au Conseil constitutionnel que de rendre officielle la liste des candidats, après d’éventuels recours dans un délai de 7 jours. Signe qui ne trompe pas et qui en dit long sur le durcissement du pouvoir : Trois des candidats retenus ont travaillé sous l’autorité d’Abdelaziz Bouteflika : Ali Benflis, directeur de cabinet à la présidence puis Premier ministre, Abdelmaldjid Tebboune, Abdelmaldjid Tebboune, 73 ans, a été haut fonctionnaire, puis plusieurs fois wali (préfet) avant d’être nommé ministre de la Communication d’Abdelaziz Bouteflika à son arrivée au pouvoir en 1999, et Azzedine Mihoubi, ministre.
Le quatrième candidat est Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme (1997-1999) et ancien député d’Alger, issu d’un parti qui a soutenu Abdelaziz Bouteflika. Le cinquième, Abdelaziz Belaïd, ancien cadre du Front de libération nationale (FLN), a fondé le Front El-Moustakbel, micro-parti proche du pouvoir et a notamment fait partie d’organisations de jeunes qui ont aussi soutenu l’ancien président forcé à démissionner par Gaïd Salah.
Dimanche 3 novembre des magistrats ont été tabassés par des gendarmes fous furieux qui ont fait irruption dans l’enceinte du tribunal d’Oran pour en évacuer les lieux. Les magistrats contestataires qui avaient occupé le tribunal et ont tenté d’en perturber le déroulement se sont retrouvés encerclés par les gendarmes qui les ont roués de coups sans pitié.
Le dimanche 27 octobre, le Syndicat des magistrats a lancé une grève illimitée, pour dénoncer la « mainmise du pouvoir exécutif» sur les nominations et les mutations des magistrats. Fin de la récré ?
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Author: LeCanardLibere.com

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