Tournoi de foot antiraciste – 2ème édition

Le 29 juin 2019, venez tous.te.s au stade d’Aïre le Lignon pour la deuxième édition du Tournoi de foot antiraciste. Cette année la thématique qui s’est imposée est la question des conditions “d’accueil” et de vie des mineur.e.s et des jeunes adultes non-accompagné.e.s à Genève.
L’année passée le tournoi devait initialement se dérouler au Grand-Saconnex, mais parce que Genève et plus particulièrement dans notre exemple, la commune du Grand-Saconnex, s’inscrivent dans une dynamique de criminalisation de la migration, les autorités ont annulé le tournoi à quelques jours seulement de celui-ci comme nous ne nous pliions pas à la censure [1]. Le collectif avait alors refusé de ne pas parler du centre fédéral et n’avait pas baissé les bras. Et à raison car nous avons pu organiser notre journée au Stade d’Aïre, au Lignon. Vous trouverez en bas de ce texte un renvoi vers les articles du tournoi de l’année passée.
Lecture
Le Tournoi de foot antiraciste sous pression politico-policière. Un récit de censures inacceptables. par espressotv ge

Les conditions de précarité, de violence et d’invisibilité dans lesquelles l’État suisse et genevois placent ces jeunes durent depuis des années.
Cette année, suite au triste suicide d’Ali Reza et des mobilisations qui s’en s’ont suivies pour dénoncer les conditions de vies violentes dans lesquelles sont “accueillis” ces jeunes, il nous a semblé évident d’en faire le thème de cette 2ème édition. Il nous paraît important de rappeler que si cette problématique est aujourd’hui actuelle, elle n’est pas nouvelle pour autant. Les conditions de précarité, de violence et d’invisibilité dans lesquelles l’État suisse et genevois placent ces jeunes durent depuis des années.
Aussi, pour le collectif, il est primordial de rappeler que pour toutes les personnes en exil, mineur.e.s ou non, personnes célibataires, famille ou personnes âgées, chacun.e devrait pouvoir vivre sa vie dignement. Nous dénonçons chaque discours s’inscrivant dans la construction “du bon” ou “de la bonne” réfugié.e.
La situation des mineur.e.s a des caractéristiques particulières et appelle donc une gestion différente car leurs besoins sont spécifiques. Toutefois, il convient aussi de rappeler que ces jeunes ne sont pas un groupe homogène. Iles ont chacun.e une identité propre, un rythme d’adaptation différents, des envies différentes.
La lutte des mineur.e.s et des jeunes adultes non-accompagné.e.s s’inscrit dans une perspective antiraciste. Dans le système mis en place pour répondre aux migrations et, plus largement, les dynamiques qui les provoquent, se manifeste inévitablement dans des rapports de pouvoir au sein desquels se retrouve la question raciale. Dans la continuité logique de l’histoire coloniale des États occidentaux d’hier et d’aujourd’hui, la politique d’asile de l’État suisse et du canton de Genève participe à la mise à l’écart, l’isolement, la criminalisation, l’enfermement, l’expulsion et la mort de personnes racisées et plus particulièrement des personnes en exil. En effet, cette précarité en fait les premières cibles de politiques déshumanisantes, gestionnaires et racistes. Ainsi, les politiques migratoires mises en place de manière transnationale, au sein desquelles la Suisse n’est qu’un rouage, pérpetue le contrôle et de l’exploitation des corps non blancs. Souvent mise en avant comme seule cristallisation du fait raciste, la discrimination interindividuelle ne fait d’ailleurs sens qu’en la comprenant à travers un cadre d’analyse structurelle plus large, n’étant qu’une des matérialisations du racisme auquel doivent faire face les personnes en exil.
Aujourd’hui, avant même d’être considérée comme une personne ayant des besoins spécifiques nécessitant une prise en charge socio-éducative particulière, le.la jeune qui arrive en Suisse est considéré.e comme une indésirable. En témoigne leur catégorisation de ces jeunes ainsi que les moyens réellement mis en place pour leur offrir un suivi soi-disant adapté. À son arrivée en Suisse, la personne est, d’une manière ou d’une autre, prise en charge par les institutions (douanes, police, etc). Si elle dit être mineure, elle est conduite au service de protection des mineur.e.s (SPMI).
leur parole est d’office mise en doute et le fardeau de la preuve leur incombe : c’est à eux et elles de prouver leur minorité et le doute ne leur profite pas.
Dès ce moment, leur parole est d’office mise en doute et le fardeau de la preuve leur incombe : c’est à eux et elles de prouver leur minorité et le doute ne leur profite pas. Pour cela, on leur demande de fournir des documents officiels auxquels illes n’ont souvent pas accès soit parce qu’ils ont été perdus lors du voyage, soit parce qu’illes ne les avaient jamais eu. De plus, même quand une personne arrive et qu’elle présente un de ces documents, il arrive que les autorités en conteste la validité ou qu’elles soupçonnent la personne d’en être le détenteur. Le Secrétariat d’État aux migrations, peut aussi “recourir à des méthodes scientifiques” (art.7 al.1 OA). Ce sont ces fameux tests médicaux qui seraient censé établir l’âge d’une personne. Parmi ces tests que subissent ces jeunes, il y a “l’expertise d’âge osseux” qui est fortement contestée par l’immense majorité des membres de la communauté médicale et scientifique suisse mais européenne également. Ces tests ne sont incontestablement pas fiables et pourtant les autorités continuent de les utiliser.
Toutes ces procédures permettent aux autorités de reconnaitre le moins de jeunes possible comme “mineur.e.s” ce qui les exclut du droit pourtant fondamental à bénéficier d’un soutien et de conditions spécifiques liées à leur âge (notamment une curatelle, un logement adéquat et une scolarisation et/ou formation). Une fois reconnu mineur.e.s, iles sont divisé.e.s en deux catégories. La première peut faire une demande d’asile (ou pour qui on dépose une demande), la deuxième non.
Toutes ces procédures permettent aux autorités de reconnaitre le moins de jeunes possible comme “mineur.e.s”
Les mineur.e.s non-requérant.e.s d’asile sont logé.e.s par le SPMI dans un Hôtel où aucun suivi socio-éducatif n’est mis en place et duquel certain.e.s se sont fait et se font encore renvoyer et se retrouvent ainsi à la rue, sans aucune autre option de relogement. Celles et ceux qui demandent l’asile sont majoritairement placé.e.s au foyer de l’Etoile, géré par l’Hospice général. Or, cette institution fait preuve de graves manquements dans l’encadrement des jeunes. En effet, tant les conditions de vie dans le foyer, que l’accompagnement socio-éducatif de ces jeunes sont dénoncés par les jeunes eux-mêmes ainsi que par des associations et collectifs qui travaillent autour des questions migratoires à Genève.
Depuis, la situation ne s’y est pas améliorée, loin s’en faut. Ali Reza s’est suicidé et beaucoup sont en situation psychologique précaire.
Ainsi, la Cour des Comptes, que l’on ne peut qualifier de militante, a relevé dans un rapport de février 2018 de graves défauts dans les mesures d’accueil des mineur.e.s. Depuis, la situation ne s’y est pas améliorée, loin s’en faut. Ali Reza s’est suicidé et beaucoup sont en situation psychologique précaire. Ces jeunes se retrouvent donc dans des siutations de logement complètement inadaptées, sans aucun suivi socio-éducatif digne et tout cela sans compter que le jour de leur 18 ans, ce peu d’aides spécifiques dont iles bénéficient s’arrête… Il n’est plus possible de garder le silence à propos des conditions scandaleuses dans lesquelles Genève “accueille” ces mineur.e.s et jeunes adultes.
C’est pourquoi on vous invite à venir nombreuXses le 29 juin au tournoi antiraciste !
Revendications des jeunes du foyer l’Étoile à Genève :
La fermeture du foyer de l’Étoile et la création de foyers à taille humaine (15 personnes max).
Des permis pour touTEs.
La possibilité de suivre des formtaions professionnelles.
Des formations et une scolarité adaptées à ces jeunes et non l’inverse. Une prise en charge dont la durée se détermine en fonction des capacités d’autonomie du ou de la jeune et non pas en fonction de son ou sa majorité légale.
La fin de la présence intimidante et violente des entreprises de sécurité privée dans les foyers
Un réel suivi médico-psychologique pour les jeunes qui en ont besoin
Une prise en charge socio-éducative digne de ce nom
L’arrêt de la criminalisation de la migration
L’ouverture de toutes les frontières
Déroulement de la journée du samedi 29 juin :
8h00 : Accueil des participant.e.s
8h45 : Début de la compétition, phase de groupe
12h00-13h30 : Pause de midi, repas
13h30 : Reprise de la compétition, Phase finale
17h : Finale
18h : Remise des prix
19h : Fin des festivités
Durant la journée il aura aussi : sérigraphie, massages, jeux pour enfants, pom-pom-personne, commentaires des matchs, musique et discours ! Le tout prix libre !
Autre date à retenir : 21 juin 2019 soirée de soutien au tournoi au Théâtre du Loup (prix libre)

[1] https://renverse.co/Le-Tournoi-de-foot-antiraciste-sous-pression-politico-policiere-Recit-de-1629

Pour aller plus loin, une émission radio sur la situation en France, similaire en de nombreux points avec celle en Suisse : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/les-enfants-enfermes-ou-leducation-sous-contrainte-44-les-mineurs-etrangers-face-a-letat-et-aux

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Author: Renverse.co

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