Transition démocratique au Soudan : Civils et militaires proches d’un accord

Les généraux et les représentants de la contestation soudanaise ont repris, hier, leurs discussions sur la période de transition.
Après avoir fait état lundi de progrès dans les pourparlers, l’ordre du jour porte désormais sur la question délicate de la répartition entre militaires et civils au sein des trois institutions de transition : le Conseil souverain, le cabinet et l’Assemblée législative. Les deux parties vont également discuter de la période de transition, que les manifestants veulent de quatre ans et les militaires de deux ans seulement.
Au moment de reprendre le dialogue, les deux parties divergeaient encore sur la composition du futur Conseil souverain chargé de remplacer le Conseil militaire de transition, au pouvoir depuis l’éviction de M. El Béchir le 11 avril. L’ALC veut qu’il soit dominé par les civils tandis que l’armée cherche à ce qu’il comprenne une majorité de militaires. Les militaires veulent en outre garder la charia comme source de la législation pendant la période de transition.
Les généraux et les leaders de l’ALC (coordination des mouvements politiques, des syndicats et des associations qui veulent un transfert rapide du pouvoir aux civils) sont parvenus lundi en quelques heures à un accord sur la structure de ces trois institutions.
Mais ce progrès a été terni par les violences de la soirée, qui ont fait six morts – cinq manifestants et un militaire – ainsi que des centaines de blessés. Sur le lieu du sit-in face au QG de l’armée à Khartoum, des manifestants ont mis en cause hier les partisans de l’ancien régime. Certains ont pointé du doigt l’unité controversée de la Force de soutien rapide (RSF).
Composée de miliciens accusés par des groupes de défense des droits humains d’exactions au Darfour, la RSF fait désormais partie de l’armée soudanaise. Cet organisme s’est cependant empressé de dégager sa responsabilité en accusant de ces violences «des éléments non identifiés» voulant «saboter les négociations».
Les incidents sanglants de la nuit avaient été précédés par de premières tensions : dimanche soir, des manifestants avaient bloqué une grande artère de Khartoum – la rue du Nil – en accusant les militaires d’avoir fermé un pont menant à leur sit-in permanent.
Trois manifestants avaient été ensuite blessés par balle lundi lors de heurts avec des forces de l’ordre, selon un comité de médecins proche de l’ALC. L’ambassade des Etats-Unis à Khartoum a fait porter, quant à elle, hier la responsabilité de ces violences au Conseil militaire au pouvoir.
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Author: ElWatan.com

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