Crise du Venezuela : Washington durcit le ton

L e chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a annulé, hier à la dernière minute, un voyage prévu en Europe, selon l’AFP citant son porte-parole. «Le ministre de la Défense par intérim ne se rendra finalement pas en Europe, car il a décidé que rester à Washington lui permettrait de se coordonner plus efficacement avec le Conseil de sécurité nationale (de la Maison-Blanche) et le département d’Etat, sur le Venezuela», a annoncé son porte-parole, le lieutenant-colonel Joe Buccino.
Il pourra aussi «continuer à se coordonner avec le DHS (le ministère de la Sécurité intérieure) sur le soutien requis le long de la frontière» mexicaine, a relevé le porte-parole dans un communiqué, quelques heures seulement avant le départ de P. Shanahan. Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré que le président Trump est prêt, si nécessaire, à faire intervenir l’armée américaine au Venezuela. «Une intervention militaire est possible.
L e chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a annulé, hier à la dernière minute, un voyage prévu en Europe, selon l’AFP citant son porte-parole. «Le ministre de la Défense par intérim ne se rendra finalement pas en Europe, car il a décidé que rester à Washington lui permettrait de se coordonner plus efficacement avec le Conseil de sécurité nationale (de la Maison-Blanche) et le département d’Etat, sur le Venezuela», a annoncé son porte-parole, le lieutenant-colonel Joe Buccino. Il pourra aussi «continuer à se coordonner avec le DHS (le ministère de la Sécurité intérieure) sur le soutien requis le long de la frontière» mexicaine, a relevé le porte-parole dans un communiqué, quelques heures seulement avant le départ de P. Shanahan.
Un peu plus tôt dans la journée, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré que le président Trump est prêt, si nécessaire, à faire intervenir l’armée américaine au Venezuela. «Une intervention militaire est possible. Si c’est nécessaire, c’est ce que feront les Etats-Unis», a indiqué le chef de la diplomatie américaine.
Et de poursuivre : «Nous préférerions une transition pacifique au pouvoir, avec le départ de Maduro et la tenue d’une nouvelle élection, mais le Président (Trump) a clairement fait savoir qu’à un certain moment, il faut savoir prendre des décisions.» «Il est prêt à faire ce qui s’impose.» Un peu plus tard dans la journée, le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a annulé un voyage prévu en Europe en raison des développements au Venezuela.
Le report de la visite du secrétaire américain à la Défense intervient alors que la veille, des manifestants se sont violemment opposés aux forces de l’ordre dans les rues de Caracas, en soutien à un groupe de militaires qui a rallié l’opposant Juan Guaido. Dans une allocution à la radio et à la télévision, le président Nicolas Maduro a félicité les forces armées pour avoir «mis en échec le petit groupe qui comptait répandre la violence à travers cette escarmouche putschiste».
Pour le gouvernement vénézuélien, ce soulèvement est une «tentative de coup d’Etat». «Ceci ne saurait rester impuni, j’ai parlé au procureur général. J’ai désigné trois procureurs (…) qui sont en train d’interroger toutes les personnes impliquées», a déclaré Nicolas Maduro. Les procureurs «lancent des poursuites pénales pour les graves délits commis contre la Constitution, l’Etat de droit et le droit à la paix», a-t-il poursuivi.
Selon le chef d’Etat, les soldats factieux ont voulu provoquer une «tragédie», avec «50, 100 ou même 200 morts». «Toutes les bases militaires étaient en alerte, loyales à la révolution, au commandant en chef et à la Constitution», a-t-il affirmé. Nicolas Maduro a en outre démenti les propos du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, qui a affirmé qu’il comptait fuir le Venezuela pour se rendre à Cuba.
Des années de tension
Les relations entre les Etats-Unis et le Venezuela sont marquées par des tensions depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez (1999-2013). A partir de 2001, ce dernier avait procédé à une série de nationalisations du secteur pétrolier à l’agroalimentaire. Cette «réappropriation» affecte plusieurs groupes américains, comme ConocoPhilipps ou ExxonMobil, entraînant des poursuites en justice. En 2002, Chavez échappe à un coup d’Etat et accuse le président américain, à l’époque George W. Bush, d’avoir soutenu la rébellion.
En 2006, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, compare le président vénézuélien à Adolf Hitler. De leur côté, Hugo Chavez puis son successeur Nicolas Maduro accuseront plusieurs fois les Etats-Unis de soutenir des tentatives de coup d’Etat. En cette même année 2006, Washington interdit la vente d’armes et de matériel militaire américains à Caracas, en raison de son manque de coopération dans la guerre contre le terrorisme. En 2015, Washington impose des sanctions contre plusieurs responsables vénézuéliens accusés de violations de droits de l’homme.
Après l’élection en 2017 d’une Constituante jugée «illégitime», les Etats-Unis interdisent à leurs ressortissants et entreprises d’acheter de la dette publique vénézuélienne ou de sa compagnie pétrolière publique, PDVSA. Pour Caracas, ces sanctions constituent la cause des pénuries alimentaires et de médicaments qui frappent le pays. En août de la même année, le président Donald Trump évoque une «possible option militaire» au Venezuela.
Le 28 janvier, Washington donne à Juan Guaido le contrôle des comptes bancaires vénézuéliens aux Etats-Unis. Le 26 avril dernier, Washington impose des sanctions financières contre le ministre des Affaires étrangères vénézuelien, Jorge Arreaza. «Le Trésor va continuer de cibler les soutiens corrompus à Maduro, y compris ceux en charge de la diplomatie et de la justice pour le compte de ce régime illégitime», affirme dans un communiqué le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.
Dimanche dernier, est entré en vigueur l’embargo américain sur le pétrole vénézuelien. Entamé le 10 janvier, le second mandat du Président n’est pas reconnu par l’opposition et une partie de la communauté internationale.
Président du Parlement, Juan Guaido se proclame «président en exercice» du pays, promettant «un gouvernement de transition» et «des élections libres». Le Parlement est la seule institution contrôlée par l’opposition, mais une Assemblée constituante élue mi-2017, acquise à Maduro, assume l’essentiel de ses pouvoirs.
Les Etats-Unis reconnaissent J. Guaido, suivis par le Canada et plusieurs pays latino-américains. De son côté, l’armée renouvelle son appui au président Maduro.
Début février, une vingtaine de pays européens reconnaissent J. Guaido comme président. Il est aujourd’hui reconnu par une cinquantaine de pays. Le 22 février, il se rend en Colombie, bravant une interdiction de quitter le territoire. Caracas ferme la frontière dans l’Etat de Tachira (ouest), frontalier de la ville colombienne de Cucuta, d’où est censée entrer l’aide.
Le lendemain, des affrontements éclatent aux frontières avec la Colombie et le Brésil, où des manifestants exigent en vain l’entrée dans le pays de convois d’aide. Le 25 février, Juan Guaido rencontre à Bogota les dirigeants des pays hostiles au président Maduro et le vice-président américain, Mike Pence, puis entame une tournée au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur. Le 4 mars, Guaido regagne Caracas.
Trois jours après, débute une panne d’électricité sans précédent qui paralyse l’essentiel du pays pendant six jours. D’autres coupures suivront.
Quelques jours plus tard, deux avions russes transportant une centaine de militaires et 35 tonnes de matériel arrivent à Caracas. Fin mars, Caracas déclare J. Guaido inéligible pour 15 ans, puis lève son immunité parlementaire.Amnay IdirSi c’est nécessaire, c’est ce que feront les Etats-Unis», a indiqué le chef de la diplomatie américaine.
Et de poursuivre : «Nous préférerions une transition pacifique au pouvoir, avec le départ de Maduro et la tenue d’une nouvelle élection, mais le Président (Trump) a clairement fait savoir qu’à un certain moment, il faut savoir prendre des décisions.» «Il est prêt à faire ce qui s’impose.» Un peu plus tard dans la journée, le chef du Pentagone, Patrick Shanahan, a annulé un voyage prévu en Europe en raison des développements au Venezuela.
Le report de la visite du secrétaire américain à la Défense intervient alors que la veille, des manifestants se sont violemment opposés aux forces de l’ordre dans les rues de Caracas, en soutien à un groupe de militaires qui a rallié l’opposant Juan Guaido. Dans une allocution à la radio et à la télévision, le président Nicolas Maduro a félicité les forces armées pour avoir «mis en échec le petit groupe qui comptait répandre la violence à travers cette escarmouche putschiste».
Pour le gouvernement vénézuélien, ce soulèvement est une «tentative de coup d’Etat». «Ceci ne saurait rester impuni, j’ai parlé au procureur général. J’ai désigné trois procureurs (…) qui sont en train d’interroger toutes les personnes impliquées», a déclaré Nicolas Maduro.
Les procureurs «lancent des poursuites pénales pour les graves délits commis contre la Constitution, l’Etat de droit et le droit à la paix», a-t-il poursuivi. Selon le chef d’Etat, les soldats factieux ont voulu provoquer une «tragédie», avec «50, 100 ou même 200 morts». «Toutes les bases militaires étaient en alerte, loyales à la révolution, au commandant en chef et à la Constitution», a-t-il affirmé. Nicolas Maduro a en outre démenti les propos du secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, qui a affirmé qu’il comptait fuir le Venezuela pour se rendre à Cuba.
Des années de tension
Les relations entre les Etats-Unis et le Venezuela sont marquées par des tensions depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez (1999-2013). A partir de 2001, ce dernier avait procédé à une série de nationalisations du secteur pétrolier à l’agroalimentaire. Cette «réappropriation» affecte plusieurs groupes américains, comme ConocoPhilipps ou ExxonMobil, entraînant des poursuites en justice.
En 2002, Chavez échappe à un coup d’Etat et accuse le président américain, à l’époque George W. Bush, d’avoir soutenu la rébellion. En 2006, le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, compare le président vénézuélien à Adolf Hitler.
De leur côté, Hugo Chavez puis son successeur Nicolas Maduro accuseront plusieurs fois les Etats-Unis de soutenir des tentatives de coup d’Etat. En cette même année 2006, Washington interdit la vente d’armes et de matériel militaire américains à Caracas, en raison de son manque de coopération dans la guerre contre le terrorisme. En 2015, Washington impose des sanctions contre plusieurs responsables vénézuéliens accusés de violations de droits de l’homme.
Après l’élection en 2017 d’une Constituante jugée «illégitime», les Etats-Unis interdisent à leurs ressortissants et entreprises d’acheter de la dette publique vénézuélienne ou de sa compagnie pétrolière publique, PDVSA. Pour Caracas, ces sanctions constituent la cause des pénuries alimentaires et de médicaments qui frappent le pays.
En août de la même année, le président Donald Trump évoque une «possible option militaire» au Venezuela. Le 28 janvier, Washington donne à Juan Guaido le contrôle des comptes bancaires vénézuéliens aux Etats-Unis.
Le 26 avril dernier, Washington impose des sanctions financières contre le ministre des Affaires étrangères vénézuelien, Jorge Arreaza. «Le Trésor va continuer de cibler les soutiens corrompus à Maduro, y compris ceux en charge de la diplomatie et de la justice pour le compte de ce régime illégitime», affirme dans un communiqué le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.
Dimanche dernier, est entré en vigueur l’embargo américain sur le pétrole vénézuelien. Entamé le 10 janvier, le second mandat du Président n’est pas reconnu par l’opposition et une partie de la communauté internationale. Président du Parlement, Juan Guaido se proclame «président en exercice» du pays, promettant «un gouvernement de transition» et «des élections libres».
Le Parlement est la seule institution contrôlée par l’opposition, mais une Assemblée constituante élue mi-2017, acquise à Maduro, assume l’essentiel de ses pouvoirs.
Les Etats-Unis reconnaissent J. Guaido, suivis par le Canada et plusieurs pays latino-américains. De son côté, l’armée renouvelle son appui au président Maduro.
Début février, une vingtaine de pays européens reconnaissent J. Guaido comme président. Il est aujourd’hui reconnu par une cinquantaine de pays. Le 22 février, il se rend en Colombie, bravant une interdiction de quitter le territoire.
Caracas ferme la frontière dans l’Etat de Tachira (ouest), frontalier de la ville colombienne de Cucuta, d’où est censée entrer l’aide. Le lendemain, des affrontements éclatent aux frontières avec la Colombie et le Brésil, où des manifestants exigent en vain l’entrée dans le pays de convois d’aide.
Le 25 février, Juan Guaido rencontre à Bogota les dirigeants des pays hostiles au président Maduro et le vice-président américain, Mike Pence, puis entame une tournée au Brésil, au Paraguay, en Argentine et en Equateur.
Le 4 mars, Guaido regagne Caracas. Trois jours après, débute une panne d’électricité sans précédent qui paralyse l’essentiel du pays pendant six jours. D’autres coupures suivront.
Quelques jours plus tard, deux avions russes transportant une centaine de militaires et 35 tonnes de matériel arrivent à Caracas. Fin mars, Caracas déclare J. Guaido inéligible pour 15 ans, puis lève son immunité parlementaire.
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Author: ElWatan.com

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