Toutes les transitions consommées depuis 1962 n’avaient pas permis d’assurer et garantir une alternance pour mettre le pays sur les rails d’un état de droit.

LA TRANSITION SOUS L’INTERIM DE ABDERRAHMAN FARES ET FARHAT ABBES( DU 3juillet au 27 septembte1962)

Le 5 juillet1962 l’Algérie est enfin devenue indépendante, suite au traité des accords d’Evian établissaient entre le gouvernement Français officiel et le Front de libération national officiel et non le G.P.R.A que la France ne reconnaissait pas. L’indépendance était acquise politiquement par l’appui du référendum d’autodétermination contenu dans les dits dispositions de l’accord.

Les accords d’Evian prévoyaient certaines dispositions dont certains ne collent pas avec la souveraineté du pays, il y avait aussi comme celle de l’article 11 portant sur la libération de tous les détenus par la France en l’occurrence les chefs historiques, dans son premier chapitre portant sur l’organisation des pouvoirs publics pendant la période dite de transition , des garantis de l’autodétermination et c’est à se moment la que l’exécutif provisoire sera installé . Des l’entrée en vigueur du cessez le feu et ce 19 mars 1962, certaines dérives se sont manifestées pour un changement de rapports de force entre le GPRA et le FLN ainsi que l’ALN que les historiens devront s’y pencher pour y mettre toute la lumière nécessaire sur se qui adviendra jusqu’à aujourd’hui même, pour ne pas sombrer dans le subjectivisme dégradant. Dans son chapitre « 2 » ; des dispositions portant sur la déclaration des droits de l’homme et dans la section « B » du même accord, la coopération entre la France officielle et l’Algérie post indépendante ; beaucoup de zones sombres ont été mises sous une forme, plusieurs lectures énigmatiques qui s’étendent dans le temps et dans l’espace, ce qui a fait irrité l’ALN face au FLN et ensuite au GPRA mis à l’écart par la France officielle.

Des dispositions prévoyaient toutefois le maintien de la présence militaire française dans la base de Mers el-Kébir, relié à l’un des centres le plus important du programme nucléaire français, Reggane, où les premiers essais nucléaires français ont eu lieu (1960-1966) et même la garantis des intérêts français en matière énergétique.

En 1962, une zone de turbulence humaine des chefs du FLN et du GPRA entrent en conflit ouvert mettant l’ALN en position d’arbitre. Ahmed Ben Bella et le jeune Houari Boumediene ont eu le soutient de la Wilaya I (Aurès), la Wilaya II (Constantinois), la Wilaya V (Oranie), la Wilaya VI (Sud), et font face aux wilayas rebelles de la wilaya III de Mohamed Boudiaf et IV de krim Belkacem.

La crise de 1962 se met en place, pour une première nouvelle transition politique, Ahmed Ben Bella et Houari Boumediene prennent Alger le 4 septembre 1962, et Ferhat Abbas prend la destinée de l’Algérie indépendante du 25 septembre 1962 au 15 septembre 1963 suite à la démission de Benkhadda .La situation pendant la période de Ferhat Abbes s’empire de plus en plus , le mauvais fonctionnement de la police et de la justice a eu des conséquences néfastes ou les règlements des comptes( sécurité des personnes n’était pas bien assuré) et bien d’autres problèmes d’autres claniques, économiques et sociaux faisaient apparaître la faiblesse du nouveau état indépendant. La transition ne pouvait pas s’amorcer ou le consensus et l équilibre des forces politiques n’était pas assuré et garanti.

LA PREMIERE TRANSITION SOUS A.BENBELLA

Avec A.Benbella ,Il était question dans son premier debut, d’effacer et mettre en place de nouvelles institutions de la nouvelle république algérienne démocratique et populaire par l’assemblée populaire constituante, ce 25/09/62,malgré la signature de ce fameux protocole judiciaire franco-algérien daté du 28/08/62 c’est à ce moment la que une grande population européenne quitte en masse l’Algérie avec tous les problèmes d’ordres divers qui s’en suivent, des harkis furent assassiner sans jugements, des règlements de comptes , et le chaos s’installe..…..le nouvel état algérien était dans l’incapacité de rétablir la paix. Par ailleurs, le coté financier du trésor public était dans une situation bien délicate, un déficit chronique, le chômage, le rapatriement des camps de concentrations algériens situés au Maroc et en Tunisie, la misère, la pauvreté, la chute de la production agricole et industrielle beaucoup de besoins vitaux devront être satisfait mais très peu de moyens dans un immédiat très pressant…..tout cela faisait que l’état et le pouvoir en place algérien était incapable de régler d’un seul trait ces nombreux problèmes.

En 1963 Farhat Abbes est remplacé par Ahmed Benbella qui va prendre la destiné de l’Algérie jusqu’en 1965 ;A. Benbella inclus le jeune H. Boumediene comme ministre de la défense et vice président du conseil avec Said Mohammedi , ce dernier est écarté par Boumediene et ce même Mohamed Said rejoint le FIS en 1988.

La transition élaboré par Ferahat Abbes a montré ses limites et A.Benbella entame sa nouvelle politique de transition par le biais du prisme économique afin d’assurer la satisfaction des premiers besoins d’une population très démunie, avec une aspiration de changement et par une voie socialiste pour le développement dictée par le parchemin de la déclaration du 1er Novembre.

En octobre 1963, Benbella promulgue une loi qui nationalise les terres des colons. Néanmoins, la réforme agraire mise en place par certain « Amar Ouzegane »( militant communiste), « improvisée et désorganisée », déçoit par ses mauvais rendements et provoque un gâchis important de l’outil de production qui influe négativement sur la production .

D’autre part, un nouveau conflit éclate ( guerre des sables) avec le Maroc, l’Algérie entre sérieusement en guerre avec le Maroc ; la médiation de l’Organisation de l’unité africaine(OUA) calme le jeu.

La révolte des Kabyles( W-IV-) prend forme et acte également suite à la guerre des sables, elle est soutenu par le Front des forces socialistes de Hocine Ait Ahmed , ce dernier est condamné à mort en 1964 et en 1966 avec la complicité de H. Boumediene réussi à s’évader et s’ exiler en Europe via la Tunisie.

En 1963 Mohamed Boudiaf’ ex-vice-président du GPRA, opposant acharné de Ben Bella, fonde le Parti de la révolution socialiste(PRS) il est arrêté la même année et condamné à s’exiler en 1964.

Il ne faut pas y oublier que la France pendant ce début d’indépendance avait fait plusieurs essais nucléaires importants jusqu’en 1966 à Reggane ( sud- ouest du Sahara).. La transition sous l’ère d’A. Benbella était tenue à l’échec face à une multitude de problèmes sociaux de conflits clanique et de rapport avec la France officielle.

Par conséquent, la période transitoire d’A.Benbella a été caractérisée par une multitude de conflits d’ordre politiques, économiques et sociaux qui ne permettaient pas l’avancée de la construction d’un état ni une relance économique ; car le pouvoir se disputait parmi divers clans et parties du FLN-ALN-GPRA et d’autres dissidents en politiques ; par conséquent la transition ne pouvait se produire qu’avec un redressement pour mettre fin à cette désastreuse situation chaotique.

LA TRANSITION SOUS H.BOUMEDIENE

Devant cette situation anormale présageait un changement attendu, et c’est un redressement utile opéré par H. Boumediene en 1965, coup d’état, putsch, redressement, correctif beaucoup de qualificatifs en été mentionnés pour justifier une approche très égoïste, une spoliation de pouvoir alors que la situation demandait cela…

La transition du très jeune H. Boumediene, commençait par un effacement globale de toutes les institutions de l’état héritées du colonialisme, naissance d’un conseil de la révolution(un directoire=nouvelle institution forte ) prenait en charge le pouvoir pour mener à bien la transition afin de résoudre les problèmes dans leur ensemble politique, économique, culturelle et sociale . Le jeune H. Boumediene présidait au nom de ce directoire avec la formule d’un « qarar na ! »(décision collective) H. Boumediene était le plus cultivé de l’ensemble des membres du Conseil de la .Révolution .

* au plan politique la construction de l’état à commencer par la base pour mieux imprégner la population et de la citoyenneté, suite au fameux slogan « un état qui subsiste aux hommes et aux événements ».devant cet état de fait, il y avait un déficit flagrant de cadres pour assumer à bien la transition, parallèlement l’application du tri-type de la révolution : industrielle- agraire et culturelle. Il y avait certes, des oppositions comme certains étudiants procommunistes et trotskistes qui tentaient sans succès de s’opposer au putsch de Boumediene qui régnait selon certains en autocrate ( état +armée +appareil du FLN) pendant une partie de la période de transition non finalisée suite à sa disparition. La décision était collective à son début par le C.R , ensuite essaimée à travers les responsables des nouvelles structures de l’état.

Tous ses opposants sont partis volontairement en exil( Bachir Boumaza-1966 vice président du conseil de A.Benbella –Krim Belkacem-Mohamed Harbi conseillé de A. Benbella- Bachir Hadj crée le PAGS sous les décombres de l’ex parti communiste interdit sous A. Benbella dirigé par Sadek Hadjeres et bien d’autres sans aucun esprit de représailles …..

La transition était voulue économique car c’est elle qui façonne et détermine la politique sous un modèle plus scientiste pour assurer une réelle et véritable indépendance, elle démarre avec les 3 révolutions et le soutien veritable des masses laborieuses constituées, la construction des bases d’une administration moderne et surtout laïque de l’état nation algérien .H. Boumediene entame la nationalisation des différents secteurs bancaires (1966), distribution des produits pétroliers ( 1967) et le décollage économique était mis sur rail par le pré-plan triennal ( 1966-1969) pour mettre en place les moyens matériels pour la réalisation des futurs plans de développement( 1970-1973) suivit de la grande opération de la nationalisation du secteur des hydrocarbures en 1971.Il faut reconnaître que le jeune H. Boumediene avait une vision pour l indépendance réelle du pays mais aussi une stratégie bien préparée pour mener à bien les reformes avec la participation effective de la population et le savoir pour mettre en œuvre les moyens nécessaire pour la réussite de son entreprise.

Des tensions de refus se font ressentir avec la promulgation de la reforme agraire bénie par les PAGSISTES et non tolérée par la petite bourgeoisie terrienne « féodalisme » qui avait applaudi l’echec de « Amar Ouzegane » (Il devait affaiblir aussi le poids des notables locaux, les cheikhs, et généralise le salariat et la protection des travailleurs).

H. Boumediene voulait briser le système féodale du « khemasas » ( métayage injuste de la distribution du produit de la terre). H. Boumediene se voit soutenu et estimé par l’ensemble de la population ( paysans –étudiants –jeunesse-travailleurs), le taux de croissance économique commence a prendre l’ascenseur, il était de 7,5% en moyenne de 1967 à 1973 dépassant de loin le taux démographique, le taux l’emploi suit la hausse de la croissance , beaucoup de projets sont mis sur rail : l’ industrie ; fleuron d’Al Hadjar (acier)-fabrication fonte, électrolyse de zinc , la pétrochimie, gaz liquéfié -pétrole raffiné- l’électricité- à toute l’ industrie légère- dans le textile-vers à soie–peaux et cuirs-matériaux de construction-réalisation touristique–la mécanique-agroalimentaire, bois et liège-céramique-, le ciment…) au niveau de la révolution culturelle ; l’éducation se généralise jusqu’au sommets des monts de montagne, les chantiers : des universités sont mises en marche ; la santé devient gratuite et accessible à tous, l’état avait mis en place également un système de redistribution des revenus autant de chantiers avec un encadrement non encore à la hauteur et non disponible mais le train du développement intégré ne s’arrête pas malgré des résistances négatives (rébellion d’un clanique tahar zbiri…) et des pressions internes et surtout externes. L’administration est mise sur rail pour la décentralisation tout en instaurant la gestion socialiste des entreprises ; une forme de charte pour la gestion qui consistait à une participation effective des travailleurs ( forme de démocratie participative) à la marche de l’entreprise, le cinéma algérien fait son entrée qualitative dans la scène internationale avec des oscars de premier plan, la chanson , une décentralisation du théâtre professionnel piloté par Kateb Yacine et consort qui ont constitué de dizaine de troupes.

Ahmed Medeghri ministre de l’intérieur de la fonction publique père de l’administration (reforme de la décentralisation-reforme agraire-nouveaux villages socialistes-ENA- Modernisation des villes…) mort en 1974 les services de sécurité dépendaient de Kasdi Merbah. Une armée au service du pays barrage vert transsaharienne villages socialistes…..

De 70-77 le troisième gouvernement de H. Boumediene par un éminent économiste Kémal Abdellah Khodja qui prend en charge le secrétariat au plan, une modernisation s’opéré au niveau du ministère de l’ industrie et de l’énergie sous Belaid Abdeslam ou il rassemble la plupart de l’élite moderniste nationale( think thang algeria) existante de l’ époque, cette action économique était sévèrement contesté par une minorité , ce nouveau concept des entreprises capitalistes d’état qui sont d’actualité aujourd’hui en Chine et ailleurs .Le monopole d’état sur le commerce et la distribution fut instauré en 72-74 menant a une désarticulation de l’économie provoquant dans ses premiers débuts, des pénuries sur certains produits provoquant des spéculations, moteur de la petite corruption.

Le parti FLN n’avait pas beaucoup d’influence sur le gouvernement, il était transformé en un appareil, les dirigeants de l’époque de H Boumediene n’avaient pas de relation avec le parti. La finalisation des institutions par une charte nationale plaçant l’algerie dans le camp des non alignés tout en mettant l’option de la révolution socialiste à l’écart, la charte avait été débattue démocratiquement par l’ensemble des segments de la population dans un cadre ouvert et très démocratique ou une constitution avait été adoptée dans ce sens.

La politique extérieure fut boosté par le sommet des non aligné en 1973 et offrait des soutiens sans relâche aux mouvements de libération tels :MPLA Angolais-PAIGC d’Amilcar Cabral- L’ANC sud africaine…. En 1974 un discours à l’ONU ou il prône l’instauration d’un nouvel ordre économique, prépare l’organisation en 1975 de l’OPEP. Avec le Maroc un traité en 1972 portant sur les frontières communes vite remis en cause avec le conflit du Sahara(1974-1975).

La transition commençait à donner ses fruits, l’état algérien se voyait à travers ses institutions, l’économie naissante voyait le produit algérien naître ,il restait la modulation participative de la population selon la notion de la démocratie cristallisée à travers les institutions par une participation ouverte entre un pouvoir et un contre pouvoir qui devrait s’amorcer.

Pendant l’ère du jeune Président H. Boumediene, plusieurs personnalités algériennes meurent :Khider, Krim Belgacem en 1974; Messali Hadj meurt en France et est inhumé à Tlemcen. H.Boumediene meurt en 1978. Rabah Bitat est chargé de l’intérim de l’État. Chadli Bendjedid est choisi face aux prétendants Mohamed Salah Yahaoui et Abdelaziz Bouteflika par le comité central du parti FLN comme candidat unique au scrutin présidentiel.

Par conséquent, la transition de H. Boumediene était très chargée en termes de programmes pour une évolution positive et indépendante, ou la population était mise à l’épreuve pour sa participation effective. Toute cette énergie nécessitait encore une mise à niveau par une continuation plus musclée, avec une ouverture plus intelligente sur une meilleurs démocratisation participative et responsable menant à construire une société civile prête à prendre en charge la destinée du pays chose que H. Boumediene envisageait pour finaliser son projet d’indépendance économique, politique et social .

L’austérité menait par H. Boumediene avait été écarté suite à sa disparition, et la venue en 1979 de Chadli Bendjedid en tant que président de l’État algérien, le 9 février 1979.

LA TRANSITION DOUCE PUIS FORCÉE SOUS CHADLY BENDJEDID

Chadli mène une nouvelle politique, visant une autre transition sous des institutions étatiques presque finalisées, la transition de Chadly vue sous l’angle social et surtout populiste sans croissance réelle une réserve de 3milliards laissé du temps de Boumediene était destinée pour satisfaire les panses de la population. Chadly libère médiatiquement Ahmed Ben Bella en 1980 pour plus de populisme il desserre l’étau sur l’économie de consommation, mettant fin aux investissements, une restructuration négative menée par le premier ministre Brahmi dit la « science » ou il avait déstructuré tout le tissus industriel, favorisant une consommation à outrance par des crédits fournisseurs externes, en1985 le prix des hydrocarbures chute à moins de 10$ , la crise 88 s’installe et permet une ouverture politique et une libéralisation sauvage sous l’auspice du FMI.

Sur le plan international, Chadly Bendjedid ouvre les portes au dialogue avec les autres chefs d’États du Maghreb et surtout du président français( F. Mitterrand). il adoucit les relations avec les États-Unis, et voyage même à Washington rencontrer Reagan. En 1983, c’est aussi le premier chef d’État algérien à être invité à Paris, par François Mitterrand. Enfin, l’Algérie participe en février 1989 à la fondation de l’Union du Maghreb arabe un train à l’arrêt, avec la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie .

Mais l’Algérie sous Chadly est frappée de plein fouet d’une crise économique, l’affairisme et la corruption qui feront le lit de l’islamisme, ouvrant une « décennie noire ».

En 1986, la chute du dollar entraîne une forte baisse des revenus issus des hydrocarbures. Les différents gouvernements (gouvernement Merbah de 1988 à 1989, Hamrouche de 1989 à 1991 et Ghozali de 1991 à 1992) s’engagent dans la libéralisation sauvage de l’économie en libérant les prix, tout en restreignant l’activité des monopoles à l’importation, en procédant à une importante dévaluation du dinar (plus de 50 %) . Le monopole d’État sur le commerce est abrogé en février 1991. Aucune vision, ni stratégie de développement n’est mise sur plan, le docteur FMI en maître incontesté dicte ses fameuses et funestes recommandations et la volonté du peuple est mise au placard.

Le pouvoir doit aussi faire face aux premiers mouvements populaires depuis l’indépendance. Face au Printemps berbère de 1980, puis aux émeutes de Constantine en 1986, le pouvoir réagit par la répression. En octobre 1988, l’armée décide de tirer sur les émeutiers (Événements du 5 octobre 1988 en Algérie). La corruption , le clientélisme et le despotisme affectent aussi lourdement le régime Chadly, à la faveur duquel beaucoup d’hommes écartés sous H. Boumediene reviennent, tandis que l’affairisme et le « trabendo » se développent à merveille.

La même année, le Mouvement pour la démocratie en Algérie (MDA) de Ben Bella passe un accord avec le Front des forces socialistes (FFS), en partie grâce aux efforts d’Ali André Mécili .

Au terme de plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l’État, le président Chadli, soucieux de pacifier toutes les franges du pouvoir et du peuple en vue d’un changement, lance à partir de l’année 1988 l’Algérie dans un processus de démocratisation sans aucune préparation ni modèle de feuille de route. Son passage fut un échec cuisant, cette transition n’a pu être mise à l’épreuve elle a été transformé en une décennie rouge.

Une constitution approuvée par référendum en février 1989 marque une rupture totale tout en instaurant la tenue des élections plurielles, un régime de liberté de la presse est mis en place.

Plusieurs partis et plusieurs journaux voient le jour. De nouvelles lois sont nées prônant le libéralisme ou l’argent remplace le concept du militantisme :

*la loi d’orientation foncière de 1987, qui institue un droit individuel d’exploitation, cessible et transmissible, aux salariés des fermes d’État,

*la loi d’orientation foncière de 1990 annule la réforme agraire de 1971.

*Des élections municipales sont programmées. Des élections législatives suivront en 1991.

Cette ouverture politique non bien préparée ni bien conçue conduit à l’entrée des islamistes sous le Front islamique du salut (FIS) : ils remportent démocratiquement avec une première transparence requise les élections municipales du 21 juin 1990.

En réaction à cet état de fait, l’armée interrompt le processus électoral :

* le 11 janvier 1992, le président Chadli Bendjedid annonce sa démission sous le poids et la pression de l’armée.

UNE TRANSITION DU HCE SOUS L’AUSPICE DES JANVIERISTES

* le 14 janvier , un Haut Comité d’État est mis en place pour gérer une nouvelle transition purement politique très tendancielle. Cette évolution mène l’Algérie vers une décennie de violences et de terrorisme.

LA TRANSITION SOUS BOUDIAF

La guerre civile (années 1990) :

La mouvance islamique profite de cette ouverture démocratique, sous une crise économique très aigue qui touche tous les secteurs en 1990, les municipales passent sous la coupe du FIS .En 1992 le FIS est dissous et le pays sombre dans le chaos( décennie noire)qui a couté des milliers de morts et des disparus toute tendance confondue.

après 28 ans d’exil M.Boudiaf, prend la tête d’Etat le 02/01/92. Il était un des chefs historiques de la guerre d’Algérie et fondateur du FLN, il voulait une Algérie démocratique tournée vers la modernité, et souhaitait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait déjà l’État. Inexpérimenté et très mal conseillé, six mois après son accession au pouvoir, il est assassiné sous les regards des téléspectateurs algériens en plein discours à Annaba, le 29 juin 1992.

Ali Kafi est alors désigné à la présidence de l’État puis vint Liamine Zeroual le 30 janvier 1994.

TRANSITION SOUS LIAMINE ZEROUAL

*Le 15 janvier 1995, Zeroual subit des pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par les accords de Sant’ Egidio , formulés par l’opposition(Front des forces socialistes (FFS), Front de libération nationale (Algérie) (FLN), Parti des travailleurs (Algérie)(PT), et le parti dissous Front islamique du salut (Algérie)(FIS). Dénonçant avec vigueur la main mise de l’armée sur l’État. Une plateforme est signée ; elle propose aux autorités une base pour résoudre la crise politique en Algérie et la mise en place d’une nouvelle transition de sortie. La proposition est toutefois rejetée par le nouveau parti RND et le RCD.

*Le 30 janvier 1995, l’apparition du GIA fait son entrée, avec son premier attentat-suicide, il met en panique le pays, faisant plusieurs morts à Alger . En 1996, l’assassinat des moines de Tibhirine, soulève l’indignation de l’opinion internationale. Plus tard dans le temps, la presse évoquera la possibilité d’une bavure des services de renseignement algériens, camouflée en attentat du GIA. Le conflit déborde en France complice, avec le détournement d’un vol d’Air France en décembre 1994, puis la vague d’attentats de 1995.

Sous le prétexte de lutte antiterroriste, le pouvoir en place restreint la liberté d’expression, le champ d’action des partis politiques et celui des ONG, locales et internationales.

Il a fallu restaurer une légitimité perdue des institutions de l’État, Zeroual organise la première élection plurielle présidentielle. Il devient président le 16 novembre 1995 avec plus de 60 % des voix, suivit de MSP de Mahfoud Nahnah de 25 %

*Une nouvelle constitution pour mener une autre transition, est approuvée par référendum le 28 novembre 1996. Au cours du mandat du président Zéroual (16 novembre 1995 – 27 avril 1999), proche du Rassemblement national démocratique, s’engagent des tentatives de règlement politique de la crise, mais aucun accord n’est trouvé. l’AIS (branche armée du FIS) décide enfin d’observer une trêve : le président Zéroual promulgue une loi E-Rahma (« la Clémence ») pour les terroristes repentis. Pendant la période, de nombreux massacres sont commandités aux portes d’Alger (massacres de Raïs (en), Bentalha et Ramka( relizane)….

Déjà en 1990, une crise s’est manifestée au niveau du Front de libération nationale (FLN) entre les chefs . Une autre crise dans le parti du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) entre décideurs. Le climat est d’autant plus tendu que la loi sur la généralisation de l’arabisation remet la question du pluralisme linguistique au premier plan. La même année, Liamine Zéroual annonce sa décision de démissionner un an avant le terme de son mandat sans toutefois entamer sa propre transition.

TRANSITION SOUS A.BOUTEFLIKA

Bouteflika est président de la République algérienne pour la période(1999-2019) Élu pour un premier mandat de 1999 à 2004,Bouteflika est réélu pour un second mandat ,2009 date à laquelle il est réélu une troisième fois . Ce troisième mandat a été possible suite à un amendement de la Constitution en 2008, qui interdisait auparavant de briguer plus de deux mandats successifs. Trois partis, le FLN, le RND et le MSP font partie du gouvernement. La transition pour une refondation de l’état n’a pas eu lieu suite aux promesses non tenues (voir pouvoir fallacieux El Watan du 23/03/19) .

*Le premier mandat de Bouteflika (/1999-2004) Il s’engage dès lors à appliquer son programme de transition chanté par le FLN-RND qui s’articule autour de trois axes principaux :

1-le retour de la paix à travers l’application de la « concorde nationale » semblable à la » loi E-Rahma » de Zeroual;

2-la réactivation de l’économie sans aucune vision ni strategie;

3-le retour de l’Algérie sur la scène internationale.

Bouteflika affiche sa volonté de parvenir à la paix civile, faisant voter la loi dite de la « concorde civile » (semblable à la loi E-Rahma de Zéroual) qui est approuvée par référendum. Les groupes armés commencent à déposer les armes. Seul le GSPC (groupe salafiste pour la prédication et le combat-1998-) demeure véritablement actif..Bouteflika réprime brutalement les émeutes en Kabylie en 2001-2002. À l’issue du Printemps noir, plus de 100 morts et 5 000 blessés sont à déplorer.

Le deuxième mandat de Bouteflika (2004-2009)

De nouvelles élections sont organisées au mois d’avril, le principal concurrent son ancien Premier ministre Ali Benflis.Bouteflika est finalement réélu avec un taux de 85 %.

Programme pour le second mandat prévoit :

* un plan quinquennal pour la relance de l’économie, au profit duquel il consacre une gigantesque cagnotte financière de 150 milliards de dollars. Parmi les chantiers ouverts à la faveur de ce plan,

– il y a l’engagement de construire un million de logements avant la fin du mandat en cours.

– ainsi que l’effacement de la dette extérieure qui constituait un réel fardeau pour l’économie algérienne, – et enfin la réduction du taux de chômage, qui s’élevait en 2005 à plus de 30 % selon les medias . .

,Ahmed Ouyahia redevient Premier ministre le 23 juin 2008 en remplaçant Abdelaziz Belkhadem.

Bouteflika a passé près de trois mois en France pour se soigner d’un AVC contracté le 27 avril 2013., il avait terminé son mandat malade après son fameux discours de « TabDjanou », mais il s’est présenté pour un quatrième avec le même programme inconnu teinté de beaucoup de corruption devenue institutionnelle, il se faisant réélire .. Son hospitalisation le 27 avril à l’hôpital parisien du Val-de-Grâce puis sa convalescence aux Invalides et suite au discours de Sétif de 2011 en plus , Il y avait l’ idée des partis dit d’opposition d’actionner l’article 88 de la constitution pour sa destitution pour cause de maladie, certains ont parié sur son renoncement à briguer un 4ieme mandat mais en vain le cabinet noir en a décidé autrement rente et intérêts obligent !.

Les choses n’allait pas bien, le despotisme s’empara des institutions étatiques, la corruption se montra à visage découvert, le mensonge prenait place dans le discours politique et l’entêtement faisait bloc contre toutes forme de contestation.

L’espoir faisait penser que le vent des révoltes qui avait soufflé sur le monde arabe en 2011.

Ce 4ieme mandat avait mis à nu en quelque sorte la problématique du système politique algérien mis sous la coupe d’une oligarchie sans foi, ni loi s’accaparant de la rente au détriment du développement du pays.

La campagne électorale du 4ieme mandat a été menée par un conglomérat d’alliés politiques de circonstances financières dessinant le nouvel ordre politique trop « oligarchisé ».

Le 4ieme mandat a été mis sur place sur une base restructurée de la politique imbibée du sécuritaire » moi ou le déluge ».

Par conséquent, la transition pendant la période de Bouteflika commençait par son discours ( feuille de route) du 15/04/2011 ou il avait annoncé son projet de reformes politiques non mis oeuvre.

Le 4ieme mandat de Bouteflika : de part de l’actuelle constitution modifiée, et de la nécessité d’en respecter les dispositions qui prévoient notamment le maintien en place des institutions léguées par le régime de Bouteflika : le conseil de la nation, , et l’assemblée populaire nationale tous deux dominés par les partis FLN et RND avec un soutien indéfectible, ainsi que le gouvernement dirigé un fidèle parmi les fidèles de Bouteflika et composé à la va-vite par des opportunistes ou l’impunité et les détournements des deniers publics font rages par les s’hab chkara !( oligarques).

Voilà autant de bombes à retardement qui risquent de paralyser la libération de l’Algérie et ce n’est pas une opération mains propres qui va assainir le climat si la 2ieme république ne remplace pas la 1ere par une véritable transition allant vers un état de droit .

Dans l’état Actuel ou Al Hirak( manifestation) mène la cadence pour le changement, la constitution est piétinée en permanence par ceux qui devront par principe la respecter, ils n’hésitent pas de la concoctées de leurs propres intérêts dans des officines hors constitution.

Pour une bonne et saine transition que le « Hirak » ou les nouvelles attendues du peuple, devraient envisager coûte que coûte, le modèle de 1965 réapparaît, boosté par un directoire nommé Conseil de la révolution constitué de hautes personnalités capable de mener la révolution vers un état de droit sans y faire partie, tout en menant à bien et petit à petit la construction véritable et légitime de l’état Algérien, les institutions existent déjà, il s’agit de les légitimer par une transparence requise, tout en se passant des dispositions de la constitution en poussant au fond le bouchon par une dissolution du parlement et d’anéantir à jamais le sénat inutile et du conseil constitutionnel . Élaboration d’une nouvelle orientation préparée par un nouveau haut conseil politique ensuite actionnant l’élection présidentielle …..sous un conseil de la révolution temporaire (de révolution, de transition …..), un gouvernement de transition formé de technocrates, et suivie par une conférence nationale pouvant aboutir à la nécessité d’une loi fondamentale qui répondrait aux aspirations de notre peuple loin des officines occultes et des calculs politiciens élaborée par une assemblée légitime.

L’armée ne devrait pas piloter seule ce processus ? bien qu’elle soit la seule institution solide, unie, et qui a affirmé à maintes reprises qu’elle était aux côtés du peuple. C’est à partir de cette feuille de route élaborée que certaines personnalités crédibles et honnêtes pourront la menée dans le sens de la 2ieme république ou l’état de droit assuré et garanti l’alternance , Ils prendront place afin de refonder la solidité de l’état par un l’assainissement des activités passées et un audit des finances et institutions .Le nouveau président élu sur la base d’un programme devrait mettre en œuvre une stratégie pour réaliser sa vision du développement du pays et de la prospérité du peuple. Alors la nous pourront confirmer que la transition est mise sur de véritables rails pour que le train puisse rouler normalement, et peut être cette fois ci la transition permettra de nous faire sortir de ce marasme. Cette transition pourrait enfin nous mener vers un véritable état de droit ou seul le droit est maître et la loi est reine.

* Grandeur et décadence de l’État algérien. Par Ahmed Rouadjia. Publié par KARTHALA Éditions, 1994.

* Mohammed Harbi : « L’Histoire est instrumentalisée » en Algérie jeuneafrique.- 5 juillet 2012-

* Cherif Ouazani, Que reste-t-il de Boumédiène ?], Jeune Afrique, 6 janvier 2009.

*Paul Balta, Claudine Rulleau, La stratégie de Boumediène ; Claude …1979

Carré Olivier. Paul Balta, Claudine Rulleau,. -Robert Henry, Le mouvement national algérien. In: Tiers-Monde …

*|Entretien| Paul Balta :H.Boumediène envisageait de libéraliser le régime Véritable homme frontière comme on n’en trouve plus de nos jours, Paul Balta a séjourné à Alg.

*Il avait interpellé Boumediène à propos de Ben Bella | El Watan :https://www.elwatan.com/…/il-avait-interpelle-Boumediene-a-propos-de-ben-bella-03-…

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