La mainmise de l’ex DRS sur l’Islam de France

La nomination du général Bendaoud à la tète des relations extérieures des services algériens, lui qui avait été en fonction à Paris pendant neuf ans, a redonné des couleurs à ses anciens protégés au sein de l’Islam de France. ,.

Le précédent article sur les abus de pouvoir de Chems-Eddinne Hafiz à l’émission islamique de France 2 a valu à Mondafrique d’intéressants témoignages émanant surtout de membres de l’association « Vivre l’Islam » .Hélas, ces interlocuteurs souhaitent rester dans l’anonymat. Ce qui en dit long sur l’intimidation de Maitre Hafiz sur l’islam de France, du temps où il cumulait le soutien de Nicolas Sarkozy et une incontestable proximité avec le représentant à l’époque du DRS algérien, le général Ali Ben Daoud. Lequel fut, durant les neufs années passées à l’Ambassade à Paris, le chef réel du fameux « Islam de France ».

Le général Ben Daoud, le retour

Ces temps ci, Maitre Hafiz retrouve des couleurs; Son mentor, le général Bendaoud, a été désigné à Alger à la mi Mars à la tête de la Direction générale de la sécurité extérieure, l’équivalent de la DGSE en France. A ce titre, c’est ce militaire dont il n’existe aucune photo officielle qui gère aujourd’hui l’essentiel de la relation franco-algérienne. Son retour inattendu aux affaires à la mi-Mars doit tout à Saïd Boutéflika, le frère d’Abdelaziz Bouteflika, qui vivait ses derniers jours à la Présidence algérienne lorsqu’il procéda à cette nomination.

Il reste que maitre Hafiz partage la responsabilité des échecs de l’émission sur l’Islam avec son principal associé, Djelloul Béghoura. Le parcours de ce dernier est emblématique du monde de l’Islam de France dominé par la guerre des égos, le partage des gâteries financières et le manque de compétences.

L’ombre du DRS

L’ancien technicien de l’émission « Mosaïques » qui rendait compte du folklore de l’immigration sur France 3, a essayé de créer sa propre société de production. C’est sous l’égide des services algériens que fut négociée la cession à Béghoura de tous les avantages cumulés par le regretté Ahmed Baba-Miské, un activiste mauritanien qui, via ses réseaux à alger, était passé au service du front Polisario. Malgré son éloignement des questions de l’Islam, ce sympathisant maoïste avait bénéficié du soutien des conseillers des ministres socialistes de l’Intérieur, Pierre Joxe et Paul Quilès.

Cet ancien chômeur se retrouve, grâce à la camaraderie socialistes, avec une belle rémunération mensuelle. Quand il décida d’aller conseiller à un nouveau président mauritanien parvenu au pouvoir grâce à l’appui des services algériens omnipotents à Nouakchott, Ahmed Baba-Miské accepta de céder son carnet d’adresses à Djelloul Béghoura, sans aucune consultation des membres de l’association « Vivre l’Islam » et sous réserve de faire travailler son fils Karim comme réalisateur.

Grandeur et décadence

L’héritage n’a pas fructifié. Après quelques tentatives, dont une très pertinente sur les descendants de l’émir Abdelkader à Damas, Béghoura mit fin à sa société parisienne.

Les nouveaux responsables du Bureau central des Cultes au ministère de l’Intérieur ignorent-ils ces précédents? Il est temps en tout cas que l’Islam de France » trouve d’autres parrainages que celui des redoutables services algériens. Lesquels ont perdu de leur superbe à Alger.

Pourquoi ces réseaux resteraient-ils encore si forts à Paris?

Nous reviendrons dans un prochain article sur les méthodes et le bilan du général Ben Daoud lors de ses années parisiennes,

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Author: MondAfrique.com

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